SEO·8 septembre 2026·27 min de lectureRead in English →·Par Geneviève Cyr

Logos de clients, de partenaires et de marques sur votre site : faut-il les rendre cliquables ?

Pas par défaut. Un logo qui mène vers le site d'un client, d'un partenaire ou d'une marque n'améliore ni ne dégrade votre classement : Google le répète depuis 2016. Le seul risque SEO est le réseau qui se lie en miroir. Le coût en ventes d'un bandeau de logos, lui, n'a jamais été mesuré.

Ce qu'il faut retenir
  • Un lien sortant n'est pas un facteur de classement, ni en bien ni en mal. Les porte-parole de Google l'ont dit en 2016, 2019 et 2023, chaque fois dans les mêmes termes.
  • Le nofollow ne conserve rien. Depuis 2009, la part de valeur d'un lien marqué nofollow n'est pas redistribuée aux autres liens de la page et depuis 2020 l'attribut n'est plus qu'un indice pour Google.
  • Le seul scénario à risque est le réseau qui se lie en miroir de façon systématique : un fabricant et ses détaillants, un distributeur et ses marques, un programme de partenaires où tout le monde lie tout le monde.
  • Les tests publiés montrent qu'enlever les liens d'une page d'atterrissage à objectif unique fait gagner de 0 % à 28 % de conversions selon l'intention du visiteur. Aucun test publié ne mesure l'effet d'un logo cliquable sur une page d'accueil.
  • Le piège technique le plus fréquent est rel="noreferrer", qui rend votre trafic invisible dans l'Analytics du site lié. Et sur 203 entreprises B2B d'ici vérifiées une à une, un logo n'est cliquable qu'une fois sur trois quand il vit sur la page d'accueil, contre 88 % sur une page dédiée aux partenaires.
Sur cette page

Inclut une étude Falia sur 203 entreprises canadiennes

Définition

Lien sortant

Un lien sortant est un lien placé sur votre site qui mène vers une page d'un autre domaine. C'est l'inverse d'un lien entrant, ou backlink, qui part d'un site tiers vers le vôtre. La distinction compte parce que les deux directions n'ont pas les mêmes effets : le lien entrant transmet de l'autorité à votre site, le lien sortant en transmet au site de destination. Un logo de client, de partenaire ou de marque cliquable vers son site est un lien sortant.

87 sur 203entreprises B2B d'ici affichent un mur de logos de clients ou de partenaires sur leur page d'accueilÉtude Falia, septembre 2026
73,6 %des 140 592 domaines analysés ont des liens réciproques avec au moins un autre site. Le lien réciproque est la norme, pas l'exceptionAhrefs, 2019
57 %du temps de lecture d'une page se passe au-dessus de la ligne de flottaison, là où se trouve le bandeau de logos. Chaque sortie placée là est vue par le client potentielNielsen Norman Group, 2018

Ce que Google écrit et ce que ses porte-parole ont répété

La crainte de « perdre du jus de lien » en pointant vers l'extérieur est un raccourci hérité des années 2000. Elle circule encore parce qu'elle a l'air technique et elle coûte des décisions de design prises pour protéger quelque chose qui n'existe pas. Elle ne repose sur aucun document de Google.

Le point de départ est une séance de questions publique de janvier 2016. John Mueller, Search Advocate chez Google, y répond que les liens de votre site vers d'autres sites ne sont pas spécifiquement un facteur de classement, qu'ils peuvent apporter de la valeur à votre contenu et que le fait de les marquer nofollow ou non « n'a pas vraiment d'importance ». En décembre 2019, interrogé sur des études qui corrélaient liens sortants et meilleures positions, il répond d'un seul mot : « No ». En juillet 2023, sur Reddit, il reformule : il ne se passe rien et nommer un dictionnaire ne corrige pas vos fautes d'orthographe. Sa règle tient en une question : ce lien apporte-t-il une valeur réelle au lecteur ? Si oui, liez normalement. Sinon, ne liez pas.

L'autre moitié de la règle est confirmée dans une autre séance, en juillet 2019 : il n'existe aucun avantage de classement à marquer nofollow tous vos liens sortants et un site qui utilise des liens normaux ne classe pas moins bien qu'un site qui les bloque tous. Lier ne nuit pas. Lier n'aide pas. C'est neutre et c'est la seule réponse défendable sur le plan du classement. La décision se prend donc ailleurs : en ventes, en risque de réseau et en accessibilité.

DateSourceCe qu'elle établit
15 juin 2009Matt Cutts, alors responsable de l'équipe antispam de Google, billet sur le PageRank sculptingUn lien nofollow compte toujours dans le partage de la valeur d'une page. Sa part n'est pas redistribuée aux autres liens.
28 janvier 2016John Mueller, séance de questions GoogleLes liens sortants ne sont pas spécifiquement un facteur de classement. Nofollow ou non, ça ne change rien.
Juillet 2019John Mueller, séance de questions GoogleAucun avantage de classement à marquer tous les liens sortants nofollow.
10 septembre 2019Google Search Central, « Evolving nofollow »Ajout de rel="sponsored" et rel="ugc". Le nofollow devient un indice pour le classement le jour même et pour l'exploration et l'indexation le 1er mars 2020.
30 décembre 2019John Mueller, réponse publiqueLier vers des sites d'autorité aide-t-il au classement ? « No ».
28 janvier 2022John Mueller, séance de questions GoogleLes liens réciproques naturels sont « parfaitement corrects ». Un commerce local qui lie ses voisins est l'exemple donné.
Juillet 2023John Mueller, RedditLier vers Wikipédia ou CNN depuis un site faible ne le rend pas crédible. Liez si le lien sert le lecteur.

Le point le moins connu concerne le nofollow et il mérite d'être lu deux fois parce qu'il défait la protection que beaucoup croient s'offrir. En juin 2009, Matt Cutts explique qu'une page qui a dix liens dont cinq en nofollow ne concentre plus sa valeur sur les cinq liens restants : chaque lien reçoit un dixième et la part des liens nofollow n'est simplement pas transmise. Mettre du nofollow partout ne garde donc rien chez vous. Ça retire seulement quelque chose au site de destination, souvent celui d'un client que vous vouliez aider. Depuis mars 2020, Google traite en plus cet attribut comme un indice qu'il peut suivre ou ignorer. Le nofollow n'est plus un mur. C'est une étiquette.

Attention

Plusieurs des articles les mieux classés en anglais sur ce sujet affirment que lier vos logos crée « un réseau de backlinks qui améliore votre SEO ». C'est l'inverse. Un lien de votre site vers le site d'un client ou d'un partenaire est un lien entrant pour lui, pas pour vous. Vous donnez, vous ne recevez rien en classement. Ce n'est pas un problème, mais un fournisseur qui vous vend ce lien comme un gain pour votre site se trompe de direction.

Les deux directions du lien, qu'on mélange presque toujours

La plupart des discussions sur ce sujet confondent deux liens qui n'ont ni le même effet, ni le même risque, ni le même propriétaire.

Vous liez vers euxIls lient vers vous
ExemplesBandeau de logos sous le hero, page « Nos partenaires », page « Où acheter », fiche de marque distribuéeVotre logo dans leur page « Nos clients », leur annuaire de détaillants, leur liste de membres, un crédit en pied de page
Qui décideVousEux, sauf si une entente commerciale (contrat de distribution, programme de partenaires) l'exige
Effet sur votre classementAucunUn lien entrant de plus. Sa valeur dépend de l'emplacement : un lien dans le contenu vaut plus qu'un lien de pied de page ou d'annuaire
Effet sur leur classementUn lien de plus, partagé avec tous les autres logos de la bandeAucun
RisquePerte de visiteurs dans votre zone de conversionAucun tant que le lien est placé par eux, de façon éditoriale
Quand les deux existentPaire miroir. Isolée, c'est normal. Répétée sur tout un réseau, c'est le seul scénario où un risque SEO réel apparaît

Un cas particulier mérite une précision : le lien que vous placez vous-même chez l'autre. Le badge de certification que vous fournissez à votre réseau de distributeurs, le badge « Propulsé par » de votre outil affiché chez vos clients, le crédit qu'exige un programme d'affiliation. En mars 2015, John Mueller a indiqué qu'il mettrait « définitivement » un nofollow sur ces liens, non parce qu'ils sont mauvais, mais parce qu'ils n'ont pas été placés par le propriétaire du site de façon éditoriale. Les règles de Google concernant le spam nomment depuis « les liens largement distribués dans les pieds de page ou les gabarits de divers sites » et les liens intégrés dans des widgets parmi les exemples de spam de liens et précisent qu'ils sont acceptables lorsqu'ils portent rel="nofollow" ou rel="sponsored". Si vous fournissez un badge ou un code à intégrer à vos partenaires, c'est là que l'attribut se justifie, pas dans votre bandeau de logos.

Le seul vrai risque : le réseau qui se lie en miroir

Un lien réciproque n'est pas une infraction. Ce qui devient un signal, c'est le même échange reproduit mécaniquement sur des dizaines de sites qui appartiennent au même réseau commercial.

Les règles de Google concernant le spam interdisent « les échanges de liens excessifs (lie vers moi et je lie vers toi) ou les pages de partenaires créées exclusivement pour le maillage croisé ». Le mot qui compte est « excessifs » et l'exemple qui compte est « pages de partenaires ». En janvier 2020, John Mueller écrivait que les liens réciproques ne sont pas nécessairement mauvais et qu'ils sont assez évidents pour les systèmes de Google. En janvier 2022, il ajoutait que c'est « parfaitement correct » et même naturel, avec l'exemple d'un commerce local qui lie ses voisins, sous la réserve suivante : tant que vous ne faites pas d'arrangements bizarres en coulisse.

Les données confirment que la réciprocité est la norme du web. En 2019, Ahrefs a analysé 140 592 domaines recevant au moins 10 000 visites mensuelles de Google. 73,6 % d'entre eux avaient des liens réciproques avec au moins un autre site et 43,7 % des 112 440 pages les mieux classées de l'échantillon en avaient aussi. Un site sans aucun lien réciproque serait l'anomalie. C'est une étude de fournisseur, menée sur son propre index, mais l'ordre de grandeur suffit à écarter l'idée qu'un lien miroir isolé pose un problème.

Un second test, mené celui-là à la main, nuance le premier. On a vérifié 30 paires précises : une entreprise affiche le logo d'un client, d'un partenaire ou d'un fournisseur, est-ce que la cible renvoie le lien de son côté ? Le lien retour existait dans 5 cas sur 30, soit 17 %. L'un des cinq n'est même pas un vrai partenariat réciproque : Mercer affiche le logo de Formula 1, qui pointe vers Marsh, sa propre société mère, pas vers un partenaire indépendant. La vraie réciprocité, logo contre logo, tourne donc plus près de 13 % que des 73,6 % cités plus haut. Ce que mesure Ahrefs, ce sont des liens réciproques n'importe où sur un domaine ; ce qu'un mur de logos crée, c'est un cas précis et en pratique isolée, plutôt rare.

Le scénario à risque est plus précis et il se produit dans trois types de réseaux qu'on retrouve partout au Québec.

01

Le fabricant et ses détaillants

Le fabricant publie une page « Où acheter » qui lie ses quarante détaillants. Les quarante détaillants affichent son logo cliquable dans leur bande « Nos marques ». Chaque paire est légitime. L'ensemble forme quarante liens miroir entre un domaine et son réseau de distribution, tous identiques, tous dans des gabarits. Le remède n'est pas de supprimer la page « Où acheter », qui sert le client. C'est de s'assurer que chaque lien est entouré de contenu réel, adresse, territoire, gamme distribuée, plutôt que d'être une rangée de logos nus.

02

Le distributeur et ses marques

Le distributeur affiche vingt-cinq logos de marques cliquables vers les sites des fabricants. Les vingt-cinq fabricants le listent dans leur annuaire de distributeurs. Même structure, direction inversée. Le distributeur a en plus une raison commerciale de ne pas lier : il envoie son client potentiel vers un fabricant qui vend parfois en direct, ou qui liste ses concurrents sur la même page.

03

Le programme de partenaires et l'association

Une plateforme certifie ses partenaires, leur fournit un badge à intégrer et les liste dans son annuaire. Les partenaires affichent le badge, souvent avec le code fourni. Une association sectorielle fait la même chose avec ses membres. C'est le cas que Google décrit le plus littéralement et c'est celui où le badge fourni devrait porter un nofollow ou un sponsored, pendant que votre propre mention du partenariat, écrite par vous, reste un lien normal. Un fournisseur logiciel qui affiche le logo de ses clients pendant que chacun affiche le badge « Propulsé par » de l'outil en pied de page en est une variante courante.

Dans les trois cas, le risque ne vient pas du lien réciproque. Il vient du volume, du caractère systématique et de l'absence de contenu autour du lien, trois choses que vous décidez.

Un logo prouve. Un lien déplace. Avant de rendre un logo cliquable, demandez-vous où vous voulez que votre visiteur se trouve dans trente secondes.

Grille d'analyse Falia
Pour décider

Ce qu'il faut trancher avant de rendre un logo cliquable

La décision n'est pas technique. Elle porte sur ce que vous voulez que le lien fasse, pour qui et à quel prix. Cinq questions règlent la majorité des cas en dix minutes de discussion de direction.

  • Que doit faire le visiteur après avoir vu ces logos : nous contacter, acheter, ou aller vérifier le client, le partenaire ou la marque ?
  • Combien de ces sites affichent déjà un lien vers nous et combien de paires miroir ce bandeau créerait-il ?
  • Avons-nous une page qui parle de cette relation, étude de cas, fiche de marque, page de réalisation, vers laquelle diriger le clic plutôt qu'un site externe ?
  • La relation est-elle payante, sous contrat de commandite ou de programme de partenaires, auquel cas le lien doit porter rel="sponsored" ?
  • Si nous lions, le site lié verra-t-il notre trafic dans son Analytics, ou l'avons-nous rendu invisible avec noreferrer ?

Une bonne réponse nomme la destination du clic, le nombre de paires miroir existantes et la nature de la relation. Une réponse molle parle de « donner du jus » au partenaire sans savoir si le lien sera visible dans ses rapports ni ce qu'il coûte en visiteurs.

Trancher entre la preuve sociale, la conversion et la réciprocité commerciale est une décision de page d'accueil avant d'être une décision SEO. Une consultation de 90 minutes la règle sur votre site réel, avec une synthèse écrite qui circule dans votre organisation.

Un lien sortant réduit-il vraiment le taux de conversion ?

C'est l'argument qu'on entend le plus souvent contre les logos cliquables : chaque sortie coûte des ventes. Il mérite mieux qu'une affirmation, parce qu'il justifie des décisions de design sur des pages qui génèrent des revenus. On a cherché les tests publiés. Le résultat est plus nuancé que ce que disent les guides de conversion et il change le prix qu'on devrait accepter de payer pour cette règle.

Ce qui est documenté porte sur les pages d'atterrissage à objectif unique. En 2014, HubSpot a testé cinq de ses pages à fort trafic, avec et sans navigation ni liens sortants. Sur les pages de haut d'entonnoir, le gain a été de 0 % à 4 %. Sur les pages de milieu d'entonnoir, de 16 % et 28 %. Le même test contient donc le gain qu'on cite partout et le zéro qu'on ne cite jamais. En 2011, Yuppiechef a doublé le taux de conversion d'une page de registre de mariage, de 3 % à 6 %, en retirant le menu de navigation. En 2014, MarketingExperiments a retiré la navigation d'un processus de paiement et mesuré 10 % de commandes complétées en plus et 19,95 % de revenu par visite en plus. Et en 2018, Unbounce a analysé 18 639 pages d'atterrissage : celles qui n'ont qu'un seul lien convertissent en moyenne à 13,5 %, contre 10,5 % pour celles qui en ont plusieurs.

Ces chiffres ont trois limites qu'il faut nommer avant de décider quoi que ce soit. Aucun de ces tests ne publie sa taille d'échantillon ni son intervalle de confiance et tous sont publiés par le fournisseur d'un outil ou par une agence. Les tests plats ne sont jamais publiés, ce qui gonfle les moyennes. Et surtout, tous portent sur des liens internes de navigation retirés d'une page qui a un seul travail à faire et qui reçoit du trafic payant. C'est le cas d'une page de destination, pas celui d'une page d'accueil, qui sert par définition plusieurs intentions à la fois : le client prêt à acheter, celui qui compare, celui qui cherche un prix, celui qui vérifie que vous existez.

TestCe qui a été retiréRésultatLimite
HubSpot, 2014Navigation et liens sortants sur 5 pages d'atterrissage0 % à 4 % en haut d'entonnoir, 16 % et 28 % en milieu d'entonnoirÉchantillon non publié
Yuppiechef, 2011Menu de navigation d'une page de registreConversion de 3 % à 6 %Échantillon non publié
MarketingExperiments, 2014Navigation d'un processus de paiementCommandes complétées +10 %, revenu par visite +19,95 %Échantillon non publié
Taloon, VWOBoutons de partage social sur des fiches produitClics « Ajouter au panier » +11,92 %, confiance de 95 %Les compteurs à zéro sont une cause aussi plausible que le lien
Unbounce, 2018Aucun retrait, analyse de 18 639 pages13,5 % de conversion avec un lien, 10,5 % avec plusieursCorrélation, pas expérience

Le seul test publié qui porte sur un élément lié vers l'extérieur est celui de Taloon, un détaillant finlandais de quincaillerie. Le retrait des boutons de partage Facebook, Google+ et Pinterest sur ses fiches produit a fait monter les clics sur « Ajouter au panier » de 11,92 %, avec une confiance de 95 %. Mais VWO, qui publie le cas, avance deux explications : la distraction et le fait que presque tous les produits affichaient zéro partage, ce qui est une preuve sociale négative. Le lien sortant n'est qu'une des deux causes possibles. Aucun test publié, nulle part, ne compare un bandeau de logos cliquable à un bandeau fixe sur le taux de conversion ou les ventes. Et aucune étude d'analytique ne mesure la part des visiteurs qui cliquent vers l'extérieur, puis reviennent et convertissent. Le chiffre que vous cherchez, en ventes perdues par lien, n'existe pas.

Il existe même des données dans l'autre sens. Le Baymard Institute recommande de toujours lier vers les sources externes d'avis, de notes et de distinctions, parce que ses tests auprès d'utilisateurs montrent qu'une note tierce non cliquable pousse une partie des participants à quitter le site pour aller la vérifier eux-mêmes, un participant qualifiant la note non liée de « lien mort ». Le lien sortant, dans ce cas, réduit l'abandon et protège la vente. Les lignes directrices de crédibilité de Stanford, établies à partir de recherches auprès de plus de 4 500 personnes, placent en premier la possibilité de vérifier facilement l'information, avec cette remarque : même si les gens ne suivent pas les liens, vous avez montré votre confiance dans votre matériel. Et Jakob Nielsen écrivait dès 1999 que ne pas avoir peur de lier vers d'autres sites est un signe d'assurance et que les sites tiers sont beaucoup plus crédibles que tout ce que vous pouvez dire vous-même. Quant à l'argument de la « surcharge de choix » qu'on invoque pour justifier la règle d'un seul lien par page, une méta-analyse de 50 expériences et 5 036 participants publiée en 2010 dans le Journal of Consumer Research trouve un effet moyen de zéro.

À retenir

La position honnête, pour une décision de direction, tient en trois phrases. Retirer les liens d'une page qui a un seul objectif et qui reçoit du trafic payant est un des gains les mieux reproduits des tests de conversion publiés, de 0 % à 28 % selon l'intention du visiteur. Sur une page d'accueil, un lien sortant a un coût d'attention réel mais jamais chiffré en ventes perdues et un lien qui permet de vérifier une affirmation peut au contraire renforcer la confiance d'un client qui hésite. La seule façon de connaître l'effet sur votre page est de le mesurer, avec la méthode décrite dans notre article sur les tests A/B qui concluent vraiment.

Ce que les données de lecture ajoutent, c'est que le bandeau de logos est vu. En 2018, le Nielsen Norman Group a mesuré, sur 120 participants et plus de 130 000 fixations oculaires, que 57 % du temps de lecture d'une page se passe au-dessus de la ligne de flottaison et 74 % dans les deux premiers écrans. Le Digital Experience Benchmark 2023 de Contentsquare, sur plus de 35 milliards de sessions, situe le taux de défilement moyen à 50,2 %. Un bandeau placé juste sous le hero se trouve dans la zone la plus regardée de votre site, celle où le client potentiel décide s'il continue. Ce n'est pas un argument pour ou contre le lien. C'est la raison pour laquelle la décision mérite d'être prise plutôt que laissée au gabarit.

Les détails techniques qu'on rate presque toujours

Quatre attributs se retrouvent sur les liens de logos. Deux ne changent rien au classement, un est implicite et le dernier annule le cadeau que vous croyez faire.

01

target="_blank" n'a aucun effet SEO

L'ouverture dans un nouvel onglet est une décision d'ergonomie. Google ne la lit pas comme un signal de classement, dans un sens ou dans l'autre. Le Nielsen Norman Group recommande depuis 2020 le même onglet dans la plupart des cas, parce que le nouvel onglet neutralise le bouton retour et désoriente sur mobile, mais reconnaît l'exception d'une page utilisée comme point de départ vers plusieurs sources. Un bandeau de logos entre dans cette exception, ce qui rend le nouvel onglet défendable, sans le rendre automatique.

02

rel="noopener" est devenu implicite

Cet attribut empêche la page de destination d'agir sur la page d'origine par l'objet window.opener. Le standard HTML l'applique désormais par défaut à tout lien target="_blank" et Chrome 88, Firefox 79 et Safari 12.1 le font depuis 2019 à 2021. L'écrire reste une bonne pratique pour les anciens navigateurs et pour la lisibilité du code.

03

rel="noreferrer" efface votre trace

Il demande au navigateur de ne pas transmettre l'en-tête Referer. Le site du client ou du partenaire ne sait plus d'où vient la visite et le trafic tombe dans la catégorie « direct » de son Analytics. Le cas de Mastodon, documenté en novembre 2022, montre l'effet : les visites envoyées par la plateforme se mêlent au trafic direct des sites de destination. Si vous liez un partenaire pour l'aider, cet attribut rend l'aide invisible.

04

Sans noreferrer, le site lié voit votre domaine, pas votre page

Depuis Chrome 85, en août 2020, la politique de référent par défaut des navigateurs est strict-origin-when-cross-origin. Vers un autre domaine, le navigateur transmet seulement l'origine, donc votre nom de domaine, sans le chemin de la page. Dans GA4, le client ou le partenaire voit une source de référence à votre nom. Il ne voit pas que le clic vient de votre page d'accueil plutôt que d'une fiche de marque, sauf si vous ajoutez des paramètres UTM au lien.

À retenir

Le combo « target="_blank" rel="noopener noreferrer" » est copié par réflexe dans des milliers de gabarits et de générateurs de code. Le noopener est inoffensif. Le noreferrer, lui, contredit l'intention même d'un lien de logo : offrir de la visibilité au client ou au partenaire. Vérifiez le code généré par votre thème ou votre constructeur de pages avant de supposer qu'il fait ce que vous voulez.

L'accessibilité, où le logo cliquable se juge vraiment

Un logo cliquable est un lien dont le seul contenu est une image et le client qui l'utilise a le droit de savoir où il mène. Les règles d'accessibilité sont précises sur ce cas et elles sont rarement appliquées aux bandeaux de logos, alors qu'une part de vos clients dépend d'un lecteur d'écran ou d'un clavier.

La technique H30 des WCAG établit que lorsqu'une image est le seul contenu d'un lien, son texte de remplacement décrit la fonction du lien, pas l'image. Le tutoriel du W3C sur les images fonctionnelles donne l'exemple d'un logo qui mène à l'accueil : le texte de remplacement est « Accueil », pas « logo ». Pour un logo cliquable, le nom accessible doit donc dire où mène le lien. Pour un logo non cliquable, le nom de l'entreprise suffit et le mot « logo » n'a pas sa place dans l'attribut alt.

Si le lien ouvre un nouvel onglet, la technique G200 demande de ne le faire que lorsque c'est nécessaire et la technique G201 demande d'avertir l'utilisateur avant le changement de contexte. En pratique, le nom accessible devient « Nom du client, ouvre dans un nouvel onglet », par un texte masqué visuellement ou par l'attribut alt lui-même. Le lecteur d'écran annonce ainsi la destination et le changement de fenêtre avant le clic. Le retour arrière devient impossible dans un nouvel onglet et c'est précisément ce que ces techniques cherchent à compenser pour le client qui ne voit pas l'écran.

La taille de la cible compte aussi. Les WCAG 2.2 fixent un minimum de 24 par 24 pixels CSS au niveau AA (critère 2.5.8) et de 44 par 44 au niveau AAA (critère 2.5.5). Les recommandations d'Android parlent de 48 par 48 dp et la taille par défaut des contrôles dans les lignes directrices d'Apple est de 44 par 44 points. Un bandeau de logos compressé sur mobile, où chaque logo fait 18 pixels de haut, produit des cibles impossibles à toucher avec précision et des clients qui abandonnent sans que vous le voyiez. Enfin, un défilement automatique qui dure plus de cinq secondes et s'affiche en parallèle d'autres contenus doit offrir un moyen de le mettre en pause, de l'arrêter ou de le masquer (critère 2.2.2, niveau A) et devrait respecter la préférence de mouvement réduit du système. L'étude de 2018 du Nielsen Norman Group sur la cécité aux bannières ajoute une raison de s'en passer : l'animation fait partie des traitements visuels que les utilisateurs associent à la publicité et sautent. Les obligations qui s'appliquent au Québec sont détaillées dans notre article sur l'accessibilité web des entreprises privées.

Ce que font 203 entreprises B2B du Canada, une étude réalisée par Falia en septembre 2026

Les données qu'on cite habituellement sur ce sujet, les nôtres incluses jusqu'ici, viennent d'une poignée de géants américains du logiciel. Utile pour illustrer un principe, mais peu représentatif d'une entreprise B2B d'ici, dont la page d'accueil a souvent été construite une fois par un designer plutôt qu'entretenue par une équipe marketing. On a donc regardé plus large, plus près et logo par logo.

Méthodologie

214 entreprises B2B ont été repérées à travers 23 secteurs, la majorité basées au Québec ou ailleurs au Canada : logiciel B2B, manufacturier, agence marketing, services TI, organismes économiques, financement B2B, distribution B2B, génie-conseil, construction, transport et logistique, assurance, services professionnels, cybersécurité, aérospatiale et une dizaine d'autres secteurs plus restreints. Pour chacune, la page d'accueil a été examinée, puis toute page dédiée trouvée : « nos clients », « nos partenaires », étude de cas. Un logo compte dans le mur seulement s'il représente une entreprise tierce identifiable, jamais une icône générique. Il compte comme cliquable seulement s'il porte un vrai lien <a href>, jamais un bloc rendu cliquable en JavaScript qu'une lecture de page ne peut pas détecter. Chaque destination a été classée en trois familles : site externe, page interne dédiée à la relation, ou étude de cas. 203 des 214 sites ont pu être lus en entier ; 11 ont bloqué la lecture (protection anti-bot, page inaccessible après plusieurs tentatives) et sont écartés des statistiques plutôt que devinés. Le relevé porte sur le code servi entre le 1er et le 4 septembre 2026 et peut changer. La liste complète des 203 entreprises analysées se trouve en bas de cette section.

87 sur 203entreprises affichent un mur de logos de clients ou de partenaires sur leur page d'accueilÉtude Falia, septembre 2026
54 %des 1 369 logos au statut déterminable sont cliquables ; les autres restent des images fixesÉtude Falia, sur 1 369 logos vérifiés un à un
64 %des logos cliquables mènent directement vers le site externe du client, du partenaire ou de la marqueÉtude Falia, sur 735 logos cliquables
Comportement des 87 entreprises qui affichent un mur de logos36 entreprises sur 87 ne rendent aucun logo cliquable, 29 les rendent tous cliquables, 13 font un mélange des deux et le statut est resté indéterminé pour 9.87ENTREPRISESAucun lien cliquable36 sur 87 (41 %)Tous les logos cliquables29 sur 87 (33 %)Un mélange des deux13 sur 87 (15 %)Statut indéterminé9 sur 87 (10 %)
Comportement des 87 entreprises qui affichent un mur de logos de clients ou de partenaires (Étude Falia, septembre 2026).

Le comportement se répartit en quatre groupes, mais pas au hasard. Martinrea, un fabricant de pièces automobiles installé en Ontario, lie ses 45 logos de clients directement vers Audi, BMW, Aston Martin, Caterpillar et 41 autres constructeurs, sans exception. À l'inverse, six agences de publicité et de marketing bien connues d'ici (Bleublancrouge, Cossette, Kabane, Republik, Substance, Tink) affichent au total 97 logos de clients sans qu'un seul soit cliquable. Même retenue chez plusieurs éditeurs de logiciels B2B reconnus : Coveo, Local Logic, Lightspeed Commerce, Kinaxis, Dialogue, Achievers et Workleap n'en lient aucun non plus.

Mur avec des logos de partenairesMur de logos de clients seulement
Entreprises concernées3453
Tous les logos cliquables16 (47 %)13 (25 %)
Aucun logo cliquable5 (15 %)31 (58 %)

Un mur qui inclut des logos de partenaires a presque deux fois plus de chances d'être entièrement cliquable qu'un mur de clients seulement et près de quatre fois moins de chances de n'avoir aucun lien. Ça confirme ce que cet article recommande déjà : une relation de partenaire porte presque toujours une obligation contractuelle ou un badge à afficher, ce qui force la décision. Un logo de client, lui, se contente souvent d'être copié dans un gabarit une fois, sans que personne ne revienne trancher.

Le facteur qui compte le plus n'est pourtant ni le secteur ni la catégorie de logo. C'est l'endroit où le logo vit. Sur 1 342 logos dont la page portait un type identifiable, le taux de clic passe de 32,6 % sur une page d'accueil à 74,2 % sur une page « nos clients » dédiée, 88,4 % sur une page « partenaires » et 100 % sur une page d'études de cas.

Part des logos cliquables selon le type de page où ils se trouvent32,6 % des logos sont cliquables sur une page d'accueil, contre 74,2 % sur une page « nos clients », 88,4 % sur une page « partenaires » et 100 % sur une page d'études de cas.Un logo cliquable dépend surtout d'où il vitSELON LE TYPE DE PAGE OÙ LE LOGO SE TROUVE · 1 342 LOGOS AU STATUT DÉTERMINÉPage d'accueiln = 82632,6 %Page « nos clients »n = 9774,2 %Page « partenaires »n = 38988,4 %Page d'études de casn = 30100 %0255075100
Part des logos cliquables selon le type de page où ils se trouvent (Étude Falia, sur 1 342 logos au statut déterminé).

L'explication la plus simple est aussi la plus probable. Une page dédiée est une décision prise une fois, par quelqu'un qui construit une liste exprès. Le bandeau de la page d'accueil, lui, est souvent copié d'un gabarit ou ajouté par un designer sans qu'un mandat clair existe sur ce que le clic devrait faire. C'est exactement l'écart que ferme la hiérarchie de solutions plus bas.

CGI, dont le siège social est à Montréal, illustre à elle seule les deux premières solutions de cette hiérarchie, sur la même page. Ses 14 partenaires technologiques les plus stratégiques (AWS, Microsoft, SAP, Salesforce, ServiceNow, Snowflake, Databricks, Google Cloud, entre autres) ont chacun leur propre page CGI dédiée à l'alliance, jamais un lien vers le site du partenaire. Ses 128 autres partenaires, moins centraux, sont simplement listés avec un lien direct vers leur site externe. BDC va plus loin : son lien vers Futurpreneur Canada mène vers une page que Futurpreneur a elle-même bâtie pour la relation, adressée « bdc-web-referral ».

Le logiciel B2B est le secteur le plus prudent : 38 des 87 entreprises avec mur en viennent et 17 d'entre elles ne lient aucun logo. Les manufacturiers, les institutions financières et les organismes économiques lient plus volontiers, souvent parce que la relation qu'ils affichent est elle-même contractuelle : programme de distribution, prêt garanti, adhésion.

Cette étude a ses limites, à nommer avant de s'en servir. C'est un relevé ponctuel, pas un suivi dans le temps. Le statut est resté indéterminé pour 195 logos, la plupart derrière un chargement dynamique qu'une lecture de page ne suit pas jusqu'au bout. Et la présence d'un logo ne dit rien de l'entente derrière : impossible de savoir de l'extérieur si chaque logo cliquable porte une autorisation écrite ou une clause de publicité, la question posée plus haut dans cet article.

Voir les 203 entreprises analysées, par secteur

Agence marketing (15) : Absolunet, Adviso, Akufen, Bleublancrouge, Cossette, Deux Huit Huit, Globalia, Kabane, lg2, Locomotive, Republik, Sid Lee, Substance, Tink, Uzik.

Assurance (5) : Beneva, Beneva La Capitale, BFL Canada, Croix Bleue du Québec, Lussier Dale Parizeau.

Aérospatiale (3) : CAE, Héroux-Devtek, Mecachrome.

Construction (10) : Aecon, Bird Construction, Broccolini, EBC, Graham, Groupe Montoni, Ledcor, Magil Construction, PCL Construction, Pomerleau.

Cybersécurité (4) : Difenda, Herjavec Group, Mondata, Okiok.

Distribution B2B (15) : CDW Canada, Deschênes Group, Emco Corporation, Finning, Fortier Auto, Girardin, Guillevin International, Hamster, Lumen, Novexco, Russel Metals, Toromont, Wajax, Wolseley Canada, Wurth Canada.

Financement B2B (5) : Banque Nationale, BDC, Desjardins Entreprises, Exportation et developpement Canada, Fondaction.

Fintech B2B (2) : Flinks, Nuvei.

Génie-conseil (10) : AtkinsRealis, BBA, CIMA+, Englobe, FNX-INNOV, GBi, Hatch, Norda Stelo, Stantec, WSP.

Intelligence artificielle (1) : IVADO Labs.

Logiciel B2B (38) : Absorb LMS, ACCEO Solutions, Achievers, AlayaCare, Benevity, Certn, Clio, Coconut Software, Copperleaf, Coveo, Dayforce, Dialogue, Docebo, Dye and Durham, Hootsuite, Jane App, Kinaxis, Klue, Later, Lightspeed Commerce, Local Logic, Logibec, Nethris, Novisto, OpenText, Petal, Plusgrade, Poka, Purkinje, Rewind, Shopify, Thinkific, Trulioo, Unbounce, Vena Solutions, Vidyard, Visier, Workleap.

Manufacturier (24) : Artopex, ATS Corporation, Bouty, Béton Provincial, Cascades, Celestica, Chantiers Chibougamau, Groupe Canam, Groupe Lacasse, Groupe Lebel, Groupe Soucy, Kruger, Linamar, Lion Electric, Magna International, Manac, Martinrea, Premier Tech, Prevost, Prolam, Rotobec, Soprema Canada, Uniboard, Velan.

Organisme economique (12) : Aéro Montréal, Centech, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Groupe CTT, Investissement Québec, Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Nergica, Prompt, Propulsion Québec, Scale AI, TechnoCompétences, Zu.

Services B2B (1) : Solotech.

Services de recherche (1) : Potloc.

Services professionnels (21) : Adecco Canada, BCF avocats d'affaires, BDO Canada, Bédard Ressources, Demers Beaulne, Fasken, FBL, Fed Group, Groupe Deloitte Canada, Langlois avocats, Lavery, Mallette, Mercer Canada, MNP, Normandin Beaudry, PSB Boisjoli, Randstad Canada, Raymond Chabot Grant Thornton, Richter, ROBIC, Therrien Couture Joli-Coeur.

Services TI (18) : Alithya, Compugen, Createch, ESI Technologies, Groupe Access, Groupe SL, ITCloud.ca, Micro Logic, Momentum Technologies, MS Solutions, Nventive, Osedea, Present, Sherweb, Softchoice, Spiria, Victrix, Vooban.

Services-conseils (2) : Levio, Talsom.

Technologie industrielle (3) : FLO, LeddarTech, Optel Group.

TI et services-conseils (1) : CGI.

Transport et logistique (6) : Bison Transport, Day and Ross, Groupe Guilbault, Groupe Robert, Purolator, TFI International.

Télécommunications (1) : Telus Business.

Énergie (5) : Boralex, Energir, Hydro-Québec, Innergex, Kruger Energy.

La question juridique : le logo et le lien ne posent pas le même problème

Deux questions distinctes se cachent derrière le bandeau : avez-vous le droit d'afficher le logo et avez-vous le droit de lier. Au Canada, la seconde est réglée. La première dépend de votre entente.

Sur le lien, la Cour suprême du Canada a tranché en 2011 dans Crookes c. Newton : un hyperlien, en soi, ne constitue jamais la publication du contenu vers lequel il renvoie. La majorité écrit que les hyperliens sont essentiellement des renvois, neutres quant au contenu et les qualifie de « synapses » du web. Les tribunaux québécois ont appliqué ce raisonnement dès 2012. Lier vers le site public d'un client, d'un partenaire ou d'une marque ne demande donc aucune permission. La prudence porte sur ce que vous écrivez autour du lien, jamais sur le lien lui-même.

Sur le logo, la Loi sur les marques de commerce donne au titulaire d'une marque enregistrée le droit exclusif de l'employer et son article 22 interdit à quiconque d'employer la marque d'un autre d'une manière susceptible de diminuer la valeur de l'achalandage qui s'y rattache. Afficher le logo d'un vrai client ou d'une marque que vous distribuez réellement, dans une section clairement intitulée, n'emploie pas sa marque pour distinguer vos propres produits ou services et il est difficile d'y voir une dépréciation. Le risque réel n'est pas une poursuite. C'est un courriel du service marketing de l'autre qui demande le retrait, parce que l'entente ne prévoyait rien, parce que le client est parti ou que la relation a pris fin, ou parce que l'entreprise ne veut pas être associée publiquement à vous. Les marques distribuées ont souvent des chartes d'usage précises pour leurs détaillants et les programmes de partenaires imposent leurs propres badges. Pour les clients, la pratique courante consiste à inclure une clause de publicité dans le contrat de services : droit de nommer le client et d'afficher son logo, canaux visés, respect de sa charte graphique, retrait sur simple avis écrit et mention que l'affichage n'implique aucune recommandation. Cet article décrit le cadre et ne remplace pas un avis juridique.

La Loi 25 n'entre pas en jeu. Un clic sur un logo transmet au site lié votre nom de domaine comme référent, rien de plus et aucun renseignement personnel n'est en cause.

La hiérarchie de solutions, de la meilleure à la plus simple

La question n'appelle pas un oui ou un non. Elle appelle un classement de trois options, selon ce que vous avez à montrer derrière chaque logo.

01

Lier le logo vers votre propre page sur cette relation

Une étude de cas pour un client, une fiche de marque pour un fabricant distribué, une page de réalisation pour un partenaire de projet. Le visiteur reste chez vous, vous créez un lien interne qui renforce une page de contenu et l'autre reçoit quelque chose de bien plus utile qu'un lien de logo partagé avec dix autres : un lien contextuel, dans une page qui parle de lui, de son marché et de ce que vous faites ensemble. Cette page peut elle-même lier vers son site, en contexte, hors de votre zone de conversion. C'est le choix de Stripe, de Notion et de Webflow.

02

Une page « Nos clients », « Nos partenaires » ou « Nos marques » avec liens sortants

Chaque relation est présentée en quelques lignes, avec le lien vers le site externe. Le lien existe, il est en contexte, il n'est pas dans votre zone de conversion et il n'a pas l'air d'un échange automatique. C'est exactement ce qui distingue une page de partenaires utile de la « page de partenaires créée exclusivement pour le maillage croisé » que Google nomme dans ses règles : le contenu autour de chaque lien. Cette option convient quand vous n'avez pas encore de pages dédiées, ou quand le client ou le partenaire tient à ce que son site soit lié.

03

Des logos non cliquables

Avec un attribut alt limité au nom de l'entreprise. Zéro risque, zéro perte de client. La preuve sociale repose sur la reconnaissance du nom et elle fonctionne sans lien : dans une étude par suivi oculaire de CXL, les participants se souvenaient davantage des logos connus que des logos inconnus, avec un temps de fixation plus court que pour les témoignages en texte. C'est le choix de HubSpot, de Slack, de Salesforce et de Shopify Plus. Surveillez cependant les clics morts sur ces logos dans vos cartes de chaleur : beaucoup de visiteurs s'attendent à ce qu'un logo soit cliquable et un grand nombre de clics sans effet indique qu'ils cherchent une page que vous n'avez pas encore publiée.

Le bandeau ne contient pas que des logos de clients. Les partenaires, les marques distribuées, les commanditaires, les mentions dans la presse et les certifications n'obéissent pas aux mêmes règles ni au même risque et les mélanger dans une même bande sans étiquette brouille la preuve.

Type de logoLier ?Vers quoiAttribut relTexte alt
ClientOptionnelVotre étude de cas d'abord, son site en second choixAucun (lien éditorial). Nofollow seulement si son site vous lie déjà en pied de pageNom du client
Marque distribuée ou fournisseurOptionnel, souvent déconseilléVotre fiche de marque ou votre catalogue, jamais le site du fabricant s'il vend en directAucunNom de la marque
Détaillant ou distributeur (page « Où acheter »)Oui, c'est le service renduSon site ou sa fiche, avec adresse et territoire autour du lienAucunNom du détaillant et ville
Partenaire ou plateforme certifiéeSouvent exigé par le programmeVotre fiche dans l'annuaire du partenaire, ou sa page programmeSelon l'entente. Sponsored si la relation est payanteNom du programme et statut
CommanditaireOui, c'est l'objet de la commanditeLe site du commanditaireSponsored, obligatoireNom du commanditaire
Mention dans la presseOui, c'est la preuveL'article originalAucunNom du média et titre de l'article
Prix, certification ou associationOui si une page de vérification existeLa page de vérification de l'organismeAucun. Nofollow sur le badge fourni par l'organisme si son code l'imposeNom du prix et année
Pour exécuter

Si vous liez quand même directement depuis le logo, les règles tiennent en une liste que votre intégrateur peut appliquer en une heure. Un vrai lien <a href>, jamais un bloc rendu cliquable en JavaScript, parce que Google et les lecteurs d'écran ne voient que les vrais liens. target="_blank" avec rel="noopener" et pas de noreferrer, pour que le client ou le partenaire voie votre trafic dans ses rapports. Un lien suivi normalement, sauf si l'autre site affiche déjà un lien vers vous dans son gabarit, auquel cas un nofollow d'un côté casse la symétrie de l'échange et rel="sponsored" dès qu'il y a une entente payante. Un attribut alt limité au nom de l'entreprise, jamais une formule sur-optimisée du genre « détaillant Shopify Montréal Nom de la marque », qui transforme un logo en tentative de manipulation d'ancre. Un nom accessible qui annonce l'ouverture dans un nouvel onglet. Un état de focus visible au clavier. Une zone cliquable d'au moins 24 par 24 pixels et idéalement 44, sur mobile. Et un événement de mesure sur chaque clic sortant, pour savoir combien de visiteurs partent par là et pour le comparer à vos conversions plutôt que de le deviner. Si le bandeau est sur une page d'atterrissage payante à objectif unique, la question ne se pose pas : retirez les liens, c'est le cas documenté.

La liste de vérification avant de mettre en ligne

Le rôle des liens dans votre propre site est traité dans notre article sur le maillage interne et la place de la preuve dans les critères de qualité de Google dans ce que recouvre le E-E-A-T. Le mécanisme de la preuve sociale dans la décision d'achat, la logique de l'optimisation du taux de conversion et la page d'accueil qui vend dans concevoir pour trois lecteurs complètent cette lecture.

Le cadre général du référencement est posé dans notre guide complet pour PME et grandes entreprises.

La preuve sociale et son emplacement dans la page font partie de l'objectif Améliorer la conversion de votre site.

Vous pilotez déjà une équipe marketing ? Voyez comment on s'intègre en renfort sur l'optimisation du taux de conversion.

Questions fréquentes sur les logos cliquables et les liens sortants

Lier les logos de mes clients ou partenaires vers leurs sites nuit-il à mon SEO ?

Non. Google indique depuis 2016 que les liens sortants ne sont pas un facteur de classement, ni positif ni négatif. Le seul risque apparaît quand tout un réseau se lie en miroir de façon systématique, sans contenu autour des liens, sur des dizaines de sites.

Un lien sortant réduit-il vraiment le taux de conversion ?

Sur une page d'atterrissage à objectif unique, retirer les liens fait gagner de 0 % à 28 % dans les tests publiés. Sur une page d'accueil, aucun test publié ne mesure l'effet d'un logo cliquable. Un lien qui permet de vérifier une affirmation peut au contraire renforcer la confiance. Il faut le mesurer sur votre page, en ventes ou en demandes, pas en clics.

Faut-il mettre un nofollow sur les liens vers mes clients et partenaires ?

Pas par défaut. Un lien vers un vrai client ou un vrai partenaire est un lien éditorial normal et le nofollow ne conserve aucune valeur pour vos autres liens. Il se justifie pour casser la symétrie quand l'autre site vous lie déjà dans son gabarit et rel="sponsored" s'impose dès que la relation est payante.

Les logos cliquables doivent-ils s'ouvrir dans un nouvel onglet ?

C'est défendable, parce que le visiteur utilise votre page comme point de départ, mais ce n'est pas automatique. Le nouvel onglet neutralise le bouton retour et désoriente sur mobile. Si vous l'utilisez, le nom accessible du lien doit annoncer l'ouverture dans un nouvel onglet.

Pourquoi mon partenaire ne voit-il pas le trafic que je lui envoie ?

Le plus souvent parce que le lien porte rel="noreferrer", ajouté par réflexe avec noopener. Cet attribut supprime l'en-tête de référent et les visites tombent dans le trafic direct du site lié. Retirez-le, ou ajoutez des paramètres UTM au lien. Sans ça, le client ne sait pas ce que vous lui apportez.

Ai-je besoin d'une permission pour afficher le logo d'un client ou d'une marque ?

Une autorisation écrite, une clause de publicité dans le contrat ou le respect de la charte d'usage de la marque évite le retrait demandé après coup. Le lien lui-même ne demande aucune permission au Canada : un hyperlien n'est pas une publication du contenu visé selon la Cour suprême et ce raisonnement est appliqué au Québec.

Sources et références
  1. Google Search Central, Qualifier vos liens sortants pour Google, consulté en septembre 2026. Source des définitions de sponsored, ugc et nofollow.
  2. Google Search Central, Règles concernant le spam dans la recherche Google, consulté en septembre 2026. Source des passages sur les échanges de liens excessifs, les pages de partenaires, les liens de pied de page distribués et les widgets.
  3. Google Search Central, Evolving « nofollow », new ways to identify the nature of links, publié le 10 septembre 2019, consulté en septembre 2026.
  4. Matt Cutts, PageRank sculpting, publié le 15 juin 2009, consulté en septembre 2026. Source du partage de valeur incluant les liens nofollow.
  5. Search Engine Roundtable, Google Says Outbound Links Are Not A Ranking Factor, publié le 28 janvier 2016, consulté en septembre 2026. Relevé de la séance de questions avec John Mueller.
  6. Search Engine Journal, Google's John Mueller : No Benefit to Marking All Outbound Links as Nofollow, publié le 30 juillet 2019, consulté en septembre 2026.
  7. Search Engine Roundtable, Google Again Says Linking Out To High Authority Sites Does Not Help With Your Rankings, publié le 30 décembre 2019, consulté en septembre 2026.
  8. Search Engine Journal, Google : Linking To Authoritative Sites Won't Help SEO, publié le 31 juillet 2023, consulté en septembre 2026. Relevé des réponses de John Mueller sur Reddit.
  9. Search Engine Roundtable, Google : Definitely Put A Nofollow On Web Design By Links, publié le 3 mars 2015, consulté en septembre 2026.
  10. Search Engine Journal, Google Affirms Reciprocal Linking Is Natural In Many Cases, publié le 31 janvier 2022, consulté en septembre 2026. Relevé de la séance de questions du 28 janvier 2022.
  11. Ahrefs, Reciprocal Links : Are They Good or Bad for SEO ?, publié le 29 janvier 2019, mis à jour le 11 mars 2020, consulté en septembre 2026. Source des 73,6 % sur 140 592 domaines et des 43,7 % sur 112 440 pages. Étude de fournisseur menée sur son propre index.
  12. HubSpot, Should You Remove Navigation From Your Landing Pages ? Data Reveals the Answer, publié en 2014, consulté en septembre 2026. Source des gains de 0 % à 4 % et de 16 % et 28 % selon le niveau d'entonnoir. Tests internes, échantillon non publié.
  13. VWO, Yuppiechef : removing navigation menu doubled conversions, publié le 15 décembre 2011, consulté en septembre 2026. Étude de cas du fournisseur, échantillon non publié.
  14. MarketingExperiments (MECLABS), Less is More : Maximize conversion by removing website distractions, publié le 23 janvier 2014, consulté en septembre 2026. Source des +10 % et +19,95 %.
  15. VWO, Taloon.com : removing social sharing buttons increased conversions, consulté en septembre 2026. Source des +11,92 % à 95 % de confiance et des deux explications avancées.
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  21. Nielsen Norman Group, Scrolling and Attention, Therese Fessenden, publié le 15 avril 2018, consulté en septembre 2026. Source des 57 % et 74 % sur 120 participants.
  22. Contentsquare, 2023 Digital Experience Benchmark, consulté en septembre 2026. Source du taux de défilement moyen de 50,2 %.
  23. Chrome for Developers, A new default Referrer-Policy for Chrome : strict-origin-when-cross-origin, publié le 30 juillet 2020, consulté en septembre 2026.
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  26. Nielsen Norman Group, Opening Links in New Browser Windows and Tabs, Jakob Nielsen et Anna Kaley, publié le 27 septembre 2020, consulté en septembre 2026.
  27. Nielsen Norman Group, Banner Blindness Revisited : Users Dodge Ads on Mobile and Desktop, Kara Pernice, publié le 22 avril 2018, consulté en septembre 2026.
  28. CXL, Which Types of Social Proof Work Best ? [Original Research], consulté en septembre 2026. Étude par suivi oculaire d'environ 200 participants.
  29. W3C, techniques WCAG H30, G200 et G201 et critères de succès WCAG 2.2 2.5.8 Target Size (Minimum), 2.5.5 et 2.2.2, consultés en septembre 2026.
  30. W3C Web Accessibility Initiative, Functional Images, consulté en septembre 2026. Source de l'exemple du logo lié.
  31. Gouvernement du Canada, Loi sur les marques de commerce, article 22, consulté en septembre 2026.
  32. Cour suprême du Canada, Crookes c. Newton, 2011 CSC 47, rendu le 19 octobre 2011, consulté en septembre 2026.
  33. Étude Falia, 214 entreprises B2B du Québec et du Canada, pages d'accueil et pages dédiées vérifiées logo par logo, réalisée entre le 1er et le 4 septembre 2026. Observation ponctuelle, sujette à changement ; méthodologie et liste des entreprises dans la section « Ce que font 203 entreprises B2B du Canada, une étude réalisée par Falia en septembre 2026 » plus haut.
  34. Étude Falia, 30 paires logo-lien vérifiées à la main pour confirmer si la cible renvoie le lien, réalisée en septembre 2026.
Geneviève Cyr
Geneviève CyrAssociée · Développement web, SEO et GEO

C'est Geneviève qui met en œuvre la stratégie de votre mandat. Elle prend en charge tous nos projets de développement web : Shopify, WordPress et les nouvelles façons de construire un site avec l'IA. Elle dirige notre équipe de développeurs et traduit vos besoins d'affaires en langage technique. Elle mène votre référencement (SEO), votre visibilité dans les réponses des IA (GEO) et la conversion de votre site (CRO). Son travail est au cœur des objectifs Attirer des clients avec le SEO et l'IA, Améliorer la conversion de votre site ainsi que Renforcer votre visibilité dans les réponses IA. Avec Gabriel, elle prépare aussi les pages de destination de vos campagnes publicitaires. Ses analyses portent surtout sur le SEO, la visibilité IA et la conception de site web.

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