Construction au Québec : les marchés chauds de 2026, par segment et par région
La construction québécoise n'a pas un marché, elle en a plusieurs et ils ne vont pas dans la même direction. La rénovation a bondi de 30 % pendant que la maison neuve s'effondrait. Et à quarante minutes d'écart, Laval a dépassé l'équilibre locatif pendant que Mont-Tremblant restait à 0 % d'inoccupation.
- La rénovation résidentielle est le segment le plus chaud : les dépenses ont grimpé de 30 % en 2025 et l'APCHQ prévoit 8 % de plus en 2026.
- La maison neuve recule structurellement. Dans la ville de Québec, les maisons détachées, jumelées et en rangée ne comptent plus que pour 8 % des unités résidentielles mises en chantier.
- Le locatif domine tout le reste : 85 % des mises en chantier de la première moitié de 2026 sont destinées à la location et jusqu'à 91 % à Joliette.
- Laval a battu un record en 2025 avec 4 613 unités, puis a reculé de 30 % au premier semestre 2026. Son taux d'inoccupation est passé à 3,4 %, au dessus du seuil d'équilibre.
- Les Laurentides vivent l'inverse : plusieurs villes restent sous 1 % d'inoccupation et Mont-Tremblant à 0 %.
Sur cette page
Segment de marché en construction
Un segment de marché en construction regroupe les chantiers qui partagent un même type de client, un même mode de financement et un même déclencheur. La rénovation résidentielle, la maison neuve, la copropriété, le locatif et le commercial en sont cinq et ils ne réagissent ni aux mêmes taux d'intérêt ni aux mêmes programmes. Un entrepreneur travaille presque toujours dans un seul de ces segments, sur un territoire limité par son rayon de déplacement, ce qui rend la statistique globale de l'industrie inutilisable pour décider quoi que ce soit.
Comment lire les chiffres
Quatre séries reviennent dans cet article et elles ne mesurent pas la même chose. Les confondre est l'erreur la plus commune quand on lit les chiffres de la construction.
| Série | Ce qu'elle compte | Ce qu'elle ne dit pas |
|---|---|---|
| Mises en chantier | Des unités de logement neuves | Rien sur la rénovation ni le commercial |
| Dépenses en rénovation | De l'argent investi dans des bâtiments existants | Rien sur le neuf |
| Heures travaillées | Le temps déclaré sur les chantiers assujettis | Exclut une bonne part de la rénovation résidentielle |
| Taux d'inoccupation | La proportion de logements locatifs vacants | Un indicateur avancé, pas une mesure d'activité |
Un segment peut donc exploser dans une série et être totalement absent de l'autre. C'est exactement ce qui arrive à la rénovation : elle est le segment le plus dynamique du moment et elle n'apparaît presque pas dans les statistiques d'heures travaillées de la CCQ, parce qu'elle n'est pas assujettie aux mêmes règles. Un rénovateur qui se compare aux chiffres de l'industrie se compare à un portrait dont il ne fait pas partie.
Une dernière précision sur le taux d'inoccupation, parce qu'il revient souvent dans cet article. Le seuil d'équilibre reconnu est de 3 %. En dessous, les locataires ont peu de choix et les promoteurs construisent. Au dessus, le rapport de force s'inverse et les projets locatifs deviennent plus difficiles à financer.
1. La rénovation résidentielle
Si vous ne retenez qu'un chiffre de cet article, c'est celui-là. Après deux années au ralenti, les dépenses en rénovation résidentielle ont bondi d'environ 30 % en 2025 et l'APCHQ prévoit 8 % de plus en 2026 puis 4 % en 2027.
Le moteur est simple. Avec le prix des maisons et le coût d'un déménagement, beaucoup de ménages renoncent à changer de propriété et améliorent celle qu'ils ont. Un sondage de l'APCHQ auprès de ses membres en novembre 2025 indiquait que plus du quart des entrepreneurs en rénovation s'attendaient à une hausse de la demande dans les six mois suivants.
Les écarts régionaux sont énormes. En 2025, la progression des investissements en rénovation résidentielle allait d'environ 4 % dans la région de Gatineau à près de 60 % dans celle de Trois-Rivières, en passant par 21 % à Montréal.
Une demande qui dépasse la capacité change le rapport de force sur le prix. C'est le moment de relever ses marges plutôt que de remplir le carnet à n'importe quel coût et de refuser les projets qui grugent des heures d'estimation pour rien.
Ce qu'il faut regarder avant de changer de cap
Un entrepreneur qui voit son carnet se vider a deux réflexes possibles : attendre que ça reparte, ou aller chercher ailleurs. Le premier coûte une année, le second coûte un apprentissage. Le bon choix dépend de quelques chiffres que vous avez déjà.
- Dans quel segment sommes-nous et depuis combien d'années ?
- Notre carnet couvre combien de mois de travail et à quelle marge ?
- Le ralentissement qu'on ressent touche-t-il notre segment, ou seulement notre territoire ?
- Qu'est-ce qu'on sait déjà faire qui servirait dans un segment voisin, sans nouvelle licence ni nouvel équipement ?
- Si le carnet n'est pas rempli à l'automne, qu'est-ce qu'on décide et quand ?
Un bon conseiller vous demande votre segment et votre territoire avant de citer un chiffre. Une réponse creuse parle de la santé générale de la construction québécoise, ou vous propose la même recette qu'à un entrepreneur qui fait un tout autre métier que le vôtre.
Décider si votre baisse vient du marché, de votre région ou de votre visibilité demande de regarder les trois séparément. Une consultation de 90 minutes le règle, avec une synthèse écrite que vous gardez, que vous travailliez avec nous ensuite ou non.
2. La maison neuve
C'est le segment où l'écart entre la perception et les chiffres est le plus grand.
Dans la ville de Québec, les maisons détachées, jumelées ou en rangée comptent pour environ 8 % des unités résidentielles mises en chantier depuis le début de 2026. Environ 228 maisons individuelles y sont sorties de terre depuis janvier, ce qui laisse entrevoir près de 600 pour l'année entière. Il s'en construisait environ 1 500 par année vers 2006.
Ce n'est pas un creux passager lié aux taux d'intérêt, mais un déplacement de l'appétit des promoteurs vers le multilogement, entamé il y a plus de dix ans. Le nombre de clients possibles a fondu pendant que le nombre d'entrepreneurs, lui, n'a pas suivi la même courbe.
Deux mesures gouvernementales ont été mises en place pour relancer l'accès à la propriété. Un allègement de la TPS à l'achat d'une première propriété en mars 2026 et un remboursement partiel des droits de mutation annoncé par Québec en avril. À la mi-année, leurs effets ne se voyaient pas encore dans les mises en chantier.
Cela ne veut pas dire que ce marché disparaît. Il se concentre. Les acheteurs qui font encore construire sont ceux qui ont les moyens de choisir, ce qui déplace la concurrence du prix vers la réputation, la qualité de l'exécution et la capacité de montrer des réalisations comparables. Sur un marché qui rétrécit, la part se prend chez les concurrents et le coût par client obtenu monte mécaniquement. Baisser les prix pour compenser détruit la marge sans élargir le marché.
3. Le locatif et la copropriété
Le locatif écrase tout le reste et c'est le fait le plus important à comprendre si vous bâtissez du neuf.
Sur la première moitié de 2026, 85 % des logements mis en chantier au Québec étaient destinés à la location. Ce n'est pas un phénomène de grands centres : la proportion atteint 85 % à Victoriaville, 88 % à Val-d'Or, 89 % à Thetford Mines, 91 % à Joliette et 95 % à Sept-Îles.
Mais le sommet est passé. Les mises en chantier locatives ont atteint un record au Québec en 2025 avec 43 560 unités. En janvier 2026, les mises en chantier résidentielles, tous types confondus, ont reculé de 44 % dans la région métropolitaine de Montréal par rapport à janvier 2025. Le recul est de 46 % dans celle de Québec et de 48 % dans celle de Gatineau.
Deux causes reviennent : le recul de l'immigration temporaire réduit la demande locative et les taux d'inoccupation remontent. Au Québec, le taux est passé de 1,8 % en 2024 à 2,9 % en 2025, tout près du seuil d'équilibre de 3 %. C'est une détente réelle après quatre années de pénurie et elle change le calcul des promoteurs.
Les prévisions du début d'année tablaient sur 60 800 à 62 000 mises en chantier résidentielles au Québec pour 2026. En milieu d'année, la tendance pointait plutôt vers 57 000. La copropriété neuve, elle, souffre depuis plus longtemps que le locatif.
4. Le commercial privé
Le commercial est le segment le plus mal décrit par les statistiques, parce qu'on le regroupe presque toujours avec l'institutionnel, c'est-à-dire les écoles et les hôpitaux financés par l'État et attribués par appel d'offres public. Ce sont deux marchés sans rapport : le premier se vend à un propriétaire ou à un locataire commercial, le second à un donneur d'ouvrage public. Quand on les sépare, le portrait change.
Le recul annoncé par la CCQ pour l'institutionnel et commercial en 2026, d'environ 2 % des heures travaillées au Québec, s'explique surtout par la baisse des investissements publics dans les bâtiments gouvernementaux. Du côté strictement privé, Statistique Canada mesurait encore une légère progression mensuelle de l'investissement en construction commerciale au début de 2026, mais à l'échelle canadienne, sans ventilation québécoise publiée dans la même série.
Le point le plus utile pour une PME est ailleurs. Au Canada, le taux d'inoccupation des bureaux a reculé pour la première fois depuis la pandémie, passant de 18,7 % à 18 % et aucune construction de bureaux d'importance n'y est prévue avant 2030. Autrement dit, les locaux qui accueillent le retour au bureau sont des locaux existants. Le travail est dans le réaménagement, la mise aux normes et la transformation, pas dans le neuf.
Ce déplacement avantage une PME : un réaménagement se vend à un décideur d'entreprise plutôt que par appel d'offres public, le cycle est plus court et la marge se négocie sur la rapidité d'exécution autant que sur le prix.
| Segment | Tendance 2026 | Ce qui la porte ou la freine |
|---|---|---|
| Rénovation résidentielle | En forte croissance | Des ménages qui rénovent au lieu de déménager |
| Réaménagement commercial | Stable à en hausse | Aucune construction de bureaux neufs avant 2030 |
| Locatif et multilogement | En ralentissement après un sommet | Immigration en baisse, inoccupation en hausse |
| Maison neuve | En recul de fond | Les promoteurs ont changé de produit |
| Copropriété neuve | Difficile | Coûts élevés et revente au ralenti |
| Commercial neuf | Faible | Incertitude tarifaire, habitudes de consommation |
Le portrait régional du Québec
C'est la partie que les moyennes provinciales cachent le mieux. Les grands centres et les régions plus petites vont dans des directions opposées.
Une précision avant de lire le tableau. Ces chiffres portent uniquement sur les mises en chantier résidentielles, tous types confondus : appartements, maisons individuelles, jumelées et en rangée. Ils ne disent rien du commercial ni de la rénovation. Ils couvrent les centres urbains de 10 000 habitants et plus.
| Marché | Janvier 2026 sur janvier 2025 | Premier semestre 2026 |
|---|---|---|
| Montréal | -44 % | +61 % |
| Saguenay | +40 % | +132 % |
| Drummondville | +150 % | Prévision annuelle la plus forte, +8 % |
| Trois-Rivières | +12 % | -16 % |
| Sherbrooke | -11 % | Prévision annuelle +5 % |
| Québec | -46 % | -12 % |
| Laval | Non publié séparément | -30 % |
| Gatineau | -48 % | Seule région en recul annuel prévu, -6 % |
Deux mises en garde sur ce tableau. Un mois ne fait pas une année et janvier 2025 avait été exceptionnellement fort dans les grands centres, ce qui amplifie la chute de janvier. Et les marchés qui reculent au premier semestre 2026, comme Québec, Trois-Rivières et Laval, sont précisément ceux qui avaient le plus progressé en 2025 : c'est un effet de comparaison autant qu'un ralentissement.
Au total, un peu plus de 26 000 logements ont été mis en chantier au Québec durant les six premiers mois de 2026, soit 2 % de plus qu'à la même période en 2025. Le rythme est donc stable en volume, mais il s'est complètement déplacé d'un marché à l'autre. Pour une entreprise ancrée sur un seul territoire, une moyenne provinciale stable peut donc cacher une chute de revenus de moitié.
Marché : Laval
Laval a vécu en 2025 l'année la plus spectaculaire de son histoire résidentielle et 2026 est un retour sur terre qu'il faut interpréter correctement.
Le record de 2025. La ville a enregistré 4 613 habitations mises en chantier, contre 2 023 l'année précédente, soit une hausse de 128 %. Pour situer l'ampleur, la même année, les nouvelles constructions résidentielles progressaient de 5,6 % au Canada, de 23 % au Québec et de 58 % sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. Laval a donc doublé le rythme métropolitain, lui-même déjà exceptionnel.
Le repli de 2026. Le premier trimestre a produit 1 223 unités et le premier semestre affiche un recul de 30 % par rapport à 2025. Ce chiffre effraie hors contexte : il compare à une année record. En volume absolu, Laval reste un des marchés les plus actifs du Québec. Un entrepreneur qui aurait ajusté sa capacité au sommet de 2025 se retrouve toutefois avec des coûts fixes calibrés sur un volume qui ne reviendra pas cette année.
Ce qui s'en vient. Le service de l'urbanisme de la Ville évalue à environ 54 000 le nombre d'unités résidentielles planifiées pour les dix prochaines années. La particularité lavalloise est que ces projets se déploient le plus souvent en huit à douze phases et que la majorité ont déjà obtenu leurs autorisations réglementaires. Une mise en chantier n'y est donc pas le début d'un projet, mais la première phase d'un projet déjà approuvé. Pour un sous-traitant, cette visibilité a une valeur commerciale directe : un promoteur engagé sur douze phases est un client récurrent, pas une vente unique, ce qui justifie d'y investir davantage en relation qu'en prospection.
Le signal à surveiller. Le taux d'inoccupation locatif de Laval est monté à 3,4 %, soit au dessus du seuil d'équilibre de 3 %. Le loyer moyen y a progressé de 8,3 % sur un an pour atteindre 1 347 $. Un taux qui dépasse l'équilibre signifie que les locataires ont maintenant du choix, ce qui refroidit progressivement les promoteurs de logements locatifs neufs.
Laval est un marché de volume porté par des projets multiphases déjà autorisés, ce qui donne de la visibilité à plusieurs années. Mais le locatif neuf y a atteint son point de bascule le premier de la région. Pour un rénovateur ou un entrepreneur en réaménagement, un parc locatif qui se détend signifie des propriétaires qui doivent rénover pour rester concurrentiels et défendre leurs revenus de loyer. La rénovation locative devient alors un argument de rendement chiffrable pour le propriétaire d'immeuble, ce qui raccourcit le cycle de décision et protège la marge.
Marché : les Laurentides
Les Laurentides présentent la situation inverse de Laval et c'est ce qui rend la comparaison utile.
Une pénurie locative qui persiste. Pendant que le Québec approchait l'équilibre à 2,9 % et que Laval le dépassait à 3,4 %, plusieurs villes des Laurentides restaient sous 1 % d'inoccupation. Mont-Tremblant a été mesurée à 0 %, Sainte-Adèle à 0,4 % et Mont-Laurier à 0,5 %. Sur la couronne nord, le taux se situait autour de 2,5 % avec des loyers en hausse de 6,2 %. Un promoteur y trouve encore une demande qui absorbe le neuf, donc un risque de vacance plus faible qu'ailleurs dans la région métropolitaine.
Le territoire historique de la maison individuelle. C'est une donnée de fond qui explique beaucoup. En 2020, la région administrative des Laurentides représentait 10,1 % des mises en chantier du Québec, mais 15,7 % des unifamiliales de la province. Autrement dit, la région est surreprésentée dans le segment qui recule le plus fortement à l'échelle provinciale. Le recul national s'y traduit donc par une baisse de revenus plus marquée pour les entreprises qui n'ont jamais fait autre chose.
Un marché de revente actif. Le télétravail continue de soutenir la demande de propriétés dans la région, en particulier chez les ménages qui travaillent à distance deux ou trois jours par semaine. Mont-Tremblant figurait parmi les agglomérations ayant connu les plus fortes hausses de ventes en 2025, avec un bond de 15 %.
Les prévisions. L'APCHQ anticipait une hausse d'environ 4 % des mises en chantier pour 2026 dans les Laurentides, avec la même tendance à la hausse en rénovation qu'ailleurs au Québec.
Un taux d'inoccupation sous 1 % veut dire que le locatif neuf y a encore de la place, contrairement à Laval. Mais la région est aussi la plus exposée au recul de la maison individuelle, parce qu'elle en construisait proportionnellement bien plus que la moyenne. Un constructeur de maisons neuves des Laurentides subit donc le recul provincial avec un effet de levier sur son chiffre d'affaires. La villégiature et la rénovation de propriétés secondaires y forment un marché distinct, moins sensible aux taux d'intérêt qu'aux revenus élevés, où le client décide vite et négocie moins le prix.
Marché : Lanaudière
Lanaudière est la région où la bascule vers l'appartement est la plus avancée des trois.
Une conversion presque totale. À Joliette, 91 % des logements mis en chantier durant la première moitié de 2026 étaient des appartements, contre 85 % pour la moyenne québécoise. C'est un des taux les plus élevés de la province, au niveau de villes comme Thetford Mines ou Sept-Îles.
Un marché de revente plus accessible. Historiquement, Lanaudière offre des prix médians nettement inférieurs à ceux de la couronne nord immédiate. Cette accessibilité relative en fait un marché de première propriété, ce qui le rend plus sensible que les autres aux taux hypothécaires et aux mesures d'aide à l'accès à la propriété. Le client type y dispose d'un budget serré et arbitre chaque poste, ce qui déplace la vente vers la clarté du prix plutôt que vers le haut de gamme.
La couronne nord partagée. Les municipalités de Terrebonne, Mascouche, Repentigny et L'Assomption appartiennent à Lanaudière tout en faisant partie de la région métropolitaine de Montréal. Elles suivent donc davantage la dynamique métropolitaine que celle de Joliette ou de Rawdon. Sur cette couronne nord, le taux d'inoccupation se situait autour de 2,5 % avec des loyers en hausse de 6,2 %.
Lanaudière n'est pas un marché, c'en est deux. La couronne nord se comporte comme une banlieue métropolitaine, avec du multilogement et des clients promoteurs. Le nord de la région se comporte comme un marché régional, avec de la maison individuelle, de la rénovation, des chalets et des clients propriétaires. Un entrepreneur qui couvre les deux devrait les traiter comme deux territoires distincts, avec des offres, des prix et des marges différents. Facturer les mêmes tarifs des deux côtés revient à laisser de l'argent sur la table d'un bord et à perdre des ventes de l'autre.
Comparer les trois marchés
Le tableau ci-dessous résume ce qui distingue les trois territoires. Il se lit comme une aide à la décision : où votre segment est-il porté et où rame-t-il.
| Critère | Laval | Laurentides | Lanaudière |
|---|---|---|---|
| Taux d'inoccupation locatif | 3,4 %, au dessus de l'équilibre | Sous 1 % dans plusieurs villes | Environ 2,5 % sur la couronne nord |
| Locatif neuf | Point de bascule atteint | Encore de la place | Segment dominant, 91 % à Joliette |
| Maison neuve | Minoritaire | Exposition supérieure à la moyenne | Présente au nord de la région |
| Rénovation | Portée par un parc locatif qui se détend | Portée par la villégiature et le télétravail | Portée par la première propriété |
| Visibilité à long terme | Élevée, 54 000 unités planifiées | Moyenne, marché de propriétaires | Variable selon le sous-territoire |
| Nature du client | Promoteurs et propriétaires d'immeubles | Propriétaires occupants et villégiateurs | Deux clientèles distinctes |
La ligne du taux d'inoccupation est celle qui décide le plus. À quarante minutes de route, Laval a dépassé l'équilibre pendant que Mont-Tremblant restait à zéro. Un entrepreneur qui traite ces deux marchés comme un seul territoire se trompe sur le segment porteur, sur le type de client et sur le prix. C'est une erreur qui ne se voit pas dans les ventes perdues, parce qu'on ne sait jamais quels clients on n'a jamais rejoints.
Ce qu'il faut suivre selon votre situation
Les deux situations ne se pilotent pas avec les mêmes chiffres. Suivre les mauvais indicateurs mène à conclure que rien ne fonctionne alors que tout fait ce qu'on lui a demandé.
| Indicateur | Carnet qui déborde | Carnet qui se vide |
|---|---|---|
| Nombre de demandes reçues | À faire baisser | À faire monter |
| Taux d'obtention des soumissions | L'indicateur central | Utile, mais second |
| Heures d'estimation par vente conclue | L'indicateur central | À surveiller sans plus |
| Marge moyenne par vente | Doit monter | Ne doit pas s'effondrer |
| Coût par client acquis | Peu utile | L'indicateur central |
| Candidatures reçues | L'indicateur central | Peu utile |
La dernière ligne surprend et elle explique beaucoup de décisions mal jugées. Dans une entreprise à pleine capacité, une campagne qui produit des candidatures vaut davantage qu'une campagne qui produit des soumissions, parce que c'est l'embauche qui débloque le chiffre d'affaires.
Ce que vous seul savez : votre segment réel, votre rayon de déplacement acceptable, le nombre de mois que couvre votre carnet. Puis votre marge par type de projet et ce que votre équipe sait faire au delà de ce qu'elle fait aujourd'hui. Ces cinq éléments décident bien plus que la conjoncture. Le calcul du rayon mérite d'être fait sérieusement. Élargir son territoire de trente minutes coûte du temps non facturable sur chaque visite et chaque estimation. Ce coût se compare à la marge des ventes rendues accessibles, jamais au chiffre d'affaires. Ce qui se délègue : le suivi des données par segment et par territoire, la veille sur les programmes et les changements réglementaires et la visibilité auprès des clients du segment visé.
La réputation compte davantage sur un marché qui se concentre, un sujet développé dans branding. Et pour viser un segment voisin, le calcul du coût par client obtenu est détaillé dans le seuil de rentabilité d'une campagne.
Quatre questions à se poser cet automne
La vue d'ensemble du plan marketing figure dans la répartition du budget entre canaux.
Choisir un marché plutôt que de le subir est au cœur de l'objectif Générer de la demande et de la croissance.
Vous voulez d'abord être trouvé par les clients du segment qui monte ? Voyez comment on s'intègre en renfort sur le référencement naturel.
Questions fréquentes sur les marchés de la construction au Québec
Quel est le segment le plus porteur en ce moment ?
La rénovation résidentielle. Les dépenses ont grimpé d'environ 30 % en 2025 et l'APCHQ prévoit 8 % de plus en 2026, puis 4 % en 2027. Le moteur est le nombre de ménages qui choisissent d'améliorer leur propriété plutôt que d'en acheter une autre.
Pourquoi Laval recule-t-elle de 30 % en 2026 ?
Parce qu'elle se compare à une année record. Laval a mis en chantier 4 613 habitations en 2025, une hausse de 128 % sur 2024, pendant que le Québec progressait de 23 %. Le repli de 2026 ramène le marché vers son niveau normal, qui reste parmi les plus actifs de la province, avec environ 54 000 unités planifiées pour les dix prochaines années.
Peut-on encore construire du locatif dans les Laurentides ?
Le besoin y est plus criant qu'ailleurs. Pendant que le Québec approchait le seuil d'équilibre de 3 % d'inoccupation, plusieurs villes des Laurentides restaient sous 1 %, dont Mont-Tremblant à 0 %, Sainte-Adèle à 0,4 % et Mont-Laurier à 0,5 %. Le marché n'y est pas saturé, contrairement à Laval qui a dépassé l'équilibre à 3,4 %.
Qu'est-ce qui distingue Lanaudière des deux autres ?
Lanaudière fonctionne comme deux marchés. La couronne nord, avec Terrebonne, Mascouche et Repentigny, se comporte comme une banlieue métropolitaine tournée vers le multilogement. Le nord de la région, autour de Joliette et Rawdon, reste un marché régional de maison individuelle et de rénovation. À Joliette, 91 % des mises en chantier de la première moitié de 2026 étaient des appartements.
La construction de maisons neuves va-t-elle reprendre ?
Pas au niveau d'il y a vingt ans. Dans la ville de Québec, les maisons détachées, jumelées et en rangée ne comptent plus que pour environ 8 % des unités résidentielles mises en chantier. Deux mesures d'aide à l'accès à la propriété ont été mises en place en 2026, mais leurs effets ne se voyaient pas encore à la mi-année.
Y a-t-il du travail en construction commerciale ?
Surtout en réaménagement plutôt qu'en neuf. Au Canada, le taux d'inoccupation des bureaux a reculé pour la première fois depuis la pandémie et aucune construction de bureaux d'importance n'y est prévue avant 2030. Les entreprises qui ramènent leurs équipes le font donc dans des locaux existants, qu'il faut adapter.
Que signifie un taux d'inoccupation pour un entrepreneur ?
C'est l'indicateur avancé du locatif neuf. Le seuil d'équilibre est de 3 %. En dessous, les locataires ont peu de choix et les promoteurs construisent. Au dessus, le rapport de force s'inverse et les projets locatifs se financent plus difficilement. C'est pourquoi Laval, à 3,4 % et Mont-Tremblant, à 0 %, n'offrent pas du tout les mêmes perspectives.
Faut-il changer de segment quand le sien ralentit ?
Seulement si vous pouvez le faire sans nouvelle licence, sans nouvel équipement majeur et sans perdre ce qui fait votre réputation. Un constructeur de maisons neuves qui bascule vers la rénovation change de client, de cycle de vente et de marge. La question à trancher est ce que votre équipe sait déjà faire, pas ce que le marché offre.
- APCHQ, Prévisions économiques 2026-2027, 11 février 2026, sur les mises en chantier, les prévisions régionales et les dépenses en rénovation.
- Société canadienne d'hypothèques et de logement, données mensuelles de mises en chantier 2026 et Enquête sur les logements locatifs de l'automne 2025, relayées par les bulletins de l'habitation de l'APCHQ et par la presse québécoise, consultées en juillet 2026.
- Ville de Laval, service de l'urbanisme, données de mises en chantier et de projets planifiés, relayées par la presse locale et nationale, 2026.
- Commission de la construction du Québec, Perspectives 2026, sur les tendances par sous-secteur.
- Société d'habitation du Québec, portrait régional de l'habitation, région administrative des Laurentides, sur la part historique des unifamiliales.
- Statistique Canada, Investissement en construction de bâtiments, février 2026.

C'est presque toujours Gabriel qui prend votre premier appel et qui réalise votre audit. Il construit la stratégie à partir de votre objectif de croissance : où placer votre budget, quel marché tester et comment relier chaque lead à une vente réelle dans votre CRM. Il mène surtout les accompagnements Optimiser la rentabilité de vos campagnes numériques, Développer un nouveau marché ainsi que Générer de la demande et de la croissance. Avec Geneviève, il travaille aussi le référencement (SEO), la visibilité IA (GEO) et la conversion (CRO). Les ventes d'une campagne Google Ads ou Meta Ads dépendent de la page qui reçoit le clic. Ses analyses portent surtout sur la stratégie marketing, la publicité payante et la mesure.
À propos de Falia →Trois analyses sur le même sujet
Tout Stratégie marketing →Agence spécialisée ou agence complète : ce que chaque modèle règle
Ce que vaut un audit gratuit et à partir de quand il faut payer
Étude de marché : comment la faire, étape par étape
Consultation diagnostique · Mandat payant
90 minutes sur votre rentabilité, pas sur la théorie
Vous venez de lire la méthode. La vôtre commence par vos chiffres. On regarde vos chiffres avec vous, on nomme l'écart et vous repartez avec une synthèse écrite et l'ordre de travail recommandé, que vous l'exécutiez avec nous ou non.
C'est un mandat payant, mené par l'expert qui exécute. Vous gardez le livrable, sans engagement de suite.