Étude de marché : comment la faire, étape par étape
Une étude de marché tient en cinq étapes : délimiter et chiffrer le marché, trouver les données, analyser la demande, analyser l'offre, conclure. Comptez de 20 à 40 heures si vous la faites vous-même, ou de 2 500 à 40 000 $ si vous la confiez à quelqu'un au Québec. Les sources gratuites qui comptent ici sont Statistique Canada, l'Institut de la statistique du Québec, le Registraire des entreprises et les bases payantes accessibles gratuitement avec une carte de BAnQ.
- Les cinq étapes sont une séquence, pas une liste : chiffrer le marché avant de sonder évite de sonder pour rien.
- Une carte de BAnQ donne accès gratuitement à des bases de données sectorielles qui coûtent des milliers de dollars par abonnement.
- Douze entrevues suffisent pour la plupart des marchés de PME : au-delà, vous entendez les mêmes réponses.
- Une étude qui ne peut pas conclure « non » n'est pas une étude, c'est une justification.
- Les volumes de recherche mensuels sont la source la plus rapide et la moins chère pour mesurer une demande et presque personne ne les utilise.
Mis à jour le 27 août 2026
Sur cette page
C'est quoi une étude de marché et ce que ce n'est pas
Une étude de marché est un travail de vérification : elle établit si un nombre suffisant de personnes veulent ce que vous voulez vendre, à un prix qui vous laisse une marge, dans un territoire que vous pouvez atteindre. Elle produit un chiffre de revenu potentiel et une décision, pas un document.
Ce n'est pas un exercice de rédaction pour satisfaire une institution financière, même si c'est souvent ce qui vous amène ici. Ce n'est pas non plus un sondage : le sondage est un outil parmi cinq. Et ce n'est pas une étude de faisabilité, qui porte sur votre capacité à produire, alors que l'étude de marché porte sur la volonté des autres d'acheter.
Une étude de marché répond à une seule question : combien de personnes, prêtes à payer combien, sont accessibles à quel coût. Tout ce qui ne sert pas cette question alourdit le document sans l'améliorer.
Combien de temps et combien ça coûte au Québec
De 20 à 40 heures si vous la menez vous-même, de 2 500 à 8 000 $ chez un consultant indépendant, de 10 000 à 40 000 $ chez une firme de recherche. L'écart ne vient pas de la qualité de l'analyse, il vient de la collecte primaire : recruter et interroger des répondants coûte cher et c'est le seul poste qui explose.
| Façon de faire | Votre temps | Votre argent | Ce que vous obtenez | Le bon choix quand |
|---|---|---|---|---|
| Vous-même | 20 à 40 heures | 0 à 500 $ | Données publiques, 10 à 15 entrevues menées par vous, analyse des concurrents | Marché local, budget serré, vous connaissez déjà le secteur |
| Consultant indépendant | 5 à 10 heures | 2 500 à 8 000 $ | La même chose, faite plus vite et par quelqu'un d'extérieur au projet | Vous manquez de temps ou vous avez besoin d'un regard qui n'est pas le vôtre |
| Firme de recherche | 3 à 6 heures | 10 000 à 40 000 $ | Sondage quantitatif avec panel, groupes de discussion recrutés, rapport formel | Investissement majeur, marché neuf, ou exigence d'un bailleur de fonds |
Le calendrier suit à peu près le budget. Comptez de trois à six semaines en la faisant vous-même à raison de quelques heures par semaine, deux à quatre semaines chez un consultant et six à dix semaines chez une firme, dont trois pour le seul recrutement des répondants.
La faire vous-même
C'est la bonne option pour la majorité des PME québécoises et pas seulement pour des raisons de budget. Vous connaissez le secteur, vous avez accès à des clients potentiels que personne ne recrutera mieux que vous et vous entendrez dans les entrevues des choses qu'un rapport ne restitue jamais. Le risque est réel : vous cherchez à confirmer ce que vous espérez. La parade est écrite plus bas, dans la section sur le critère d'abandon.
Un consultant indépendant
Entre 2 500 et 8 000 $ selon l'ampleur, généralement sans collecte quantitative. Vous achetez surtout du temps et de la distance. Demandez trois choses avant de signer : combien d'entrevues sont incluses, qui les mène et si le rapport se termine par une recommandation d'abandon possible.
Une firme de recherche
De 10 000 à 40 000 $. Ce que vous payez, c'est la collecte : un sondage auprès d'un panel représentatif coûte cher parce que chaque répondant est rémunéré et un groupe de discussion recruté coûte de 3 000 à 6 000 $ par groupe, salle et animation comprises. Ce niveau se justifie quand la décision engage plusieurs centaines de milliers de dollars, ou quand un bailleur de fonds l'exige nommément.
Une bonne proposition dit combien de répondants, recrutés comment et à quelle marge d'erreur. Une proposition vague parle d'un « échantillon représentatif » sans donner de nombre.
Étape 1. Délimiter le marché et le chiffrer
Commencez par le nombre, pas par le questionnaire. Chiffrer le marché avant de sonder vous évite de passer trois semaines à interroger des gens sur un marché qui, calcul fait, ne peut pas porter votre projet. C'est l'étape que la plupart des gens sautent et c'est celle qui fait échouer les autres.
Marché total, marché disponible, part atteignable
Trois cercles emboîtés et chacun se calcule à partir du précédent. Le marché total est la dépense annuelle de tout le monde qui achète ce type de produit. Le marché disponible est la portion que votre offre et votre territoire peuvent réellement servir. La part atteignable est ce que vous pouvez espérer prendre en trois ans, compte tenu de la concurrence et de vos moyens.
La part atteignable est presque toujours surestimée. Un nouvel entrant dans un marché établi prend rarement plus de 1 à 3 % en trois ans, sauf s'il arrive avec un avantage de prix ou de distribution que personne n'a. Si votre calcul donne 10 %, refaites-le en écrivant le nom des clients que vous allez prendre à vos concurrents.
Un calcul complet, avec des nombres
Prenons un cas concret : un service d'entretien ménager commercial qui veut démarrer dans les Laurentides. Voici le calcul de bout en bout, avec la source de chaque nombre. Remplacez les valeurs par les vôtres : la structure ne change pas.
| Ligne | Nombre | D'où il vient |
|---|---|---|
| Établissements commerciaux dans les Laurentides | 4 800 | Statistique Canada, Registre des entreprises, par région et par taille |
| Moins ceux de moins de 5 employés, qui font le ménage eux-mêmes | 2 100 restants | Même source, filtre sur la taille |
| Dépense annuelle moyenne en entretien | 6 200 $ | Trois soumissions comparables obtenues auprès de concurrents |
| Marché total | 13 020 000 $ | 2 100 × 6 200 $ |
| Territoire réellement desservi, 30 minutes de route | 38 % du total | Comptage manuel sur une carte |
| Marché disponible | 4 947 600 $ | 13 020 000 $ × 38 % |
| Part visée en trois ans | 2 % | Hypothèse prudente de nouvel entrant |
| Revenu potentiel, an 3 | 98 952 $ | 4 947 600 $ × 2 % |
Ce chiffre-là, environ 99 000 $ de revenu annuel à la troisième année, est ce que l'étude doit produire. Il change tout : il dit combien de ventes il faut conclure, à quel rythme et si le projet peut faire vivre une personne ou trois. Sans lui, le reste de l'étude n'a rien à valider.
Étape 2. Où trouver les données au Québec
Presque tout ce dont vous avez besoin est public et gratuit. C'est le trou le plus grave des guides existants : ils expliquent qu'il faut des données secondaires sans jamais dire où cliquer. Voici la liste, dans l'ordre où on les ouvre.
Les sources publiques gratuites
Statistique Canada
Le Profil du recensement donne la population, l'âge, le revenu et la scolarité de n'importe quelle municipalité québécoise. Le Registre des entreprises donne le nombre d'établissements par secteur, par région et par tranche d'employés : c'est la source du premier nombre de tout calcul de marché B2B. Les tableaux sur la dynamique des entreprises donnent les taux de survie par secteur, ce qui est infiniment plus utile que la statistique des faillites qui circule sans source.
L'Institut de la statistique du Québec
Les données québécoises que Statistique Canada n'a pas ou publie plus tard : projections de population par MRC, revenu disponible par région, enquêtes sectorielles sur la construction, le tourisme, la culture, l'agroalimentaire.
Le Registraire des entreprises du Québec
Gratuit et souvent négligé. Vous y trouvez, pour chaque concurrent : sa date d'immatriculation, sa forme juridique, ses actionnaires, ses établissements et son nombre de salariés déclaré. C'est la façon la plus rapide de savoir si le concurrent qui vous inquiète est une entreprise de trois personnes ou de trente.
Données Québec et les données ouvertes municipales
Permis de construction, rôles d'évaluation, achalandage, données de transport. Utile surtout pour les projets liés à un emplacement physique.
Les bases payantes accessibles gratuitement avec une carte de BAnQ
Une carte d'abonné de Bibliothèque et Archives nationales du Québec est gratuite pour tout résident du Québec et s'obtient en ligne. Elle donne accès à distance à des bases de données commerciales dont l'abonnement individuel coûte des milliers de dollars par année : rapports sectoriels, profils d'entreprises, ratios financiers par secteur, revues professionnelles. C'est l'outil le plus sous-utilisé de tout le processus.
Ce qu'on y cherche concrètement : les ratios financiers moyens de votre secteur, qui vous disent quelle marge un concurrent typique dégage, puis les rapports d'industrie, qui vous donnent la taille du marché national à décliner ensuite par région.
Les associations sectorielles
Presque tous les secteurs québécois ont une association qui publie un portrait annuel : nombre d'entreprises, chiffre d'affaires du secteur, tendances, salaires. Ces documents sont souvent gratuits ou accessibles pour le prix d'une adhésion annuelle et ils contiennent des chiffres que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Cherchez le nom de votre secteur suivi de « association Québec portrait ».
Ce que les volumes de recherche vous disent
C'est la méthode la plus rapide, la moins chère et la plus négligée. Le nombre de recherches mensuelles sur une requête mesure une demande réelle et exprimée, sans que personne ait à répondre à un questionnaire. L'outil de planification de mots clés de Google est gratuit avec un compte publicitaire et Google Trends l'est sans compte.
| Ce que vous regardez | Ce que ça vous apprend | Le signal d'alarme |
|---|---|---|
| Volume mensuel sur vos requêtes commerciales | Combien de personnes cherchent activement à acheter | Moins de 50 recherches par mois au total sur toutes vos requêtes |
| Tendance sur cinq ans dans Google Trends | Si la demande monte, stagne ou s'effondre | Une courbe en baisse continue depuis trois ans |
| Avis Google de vos concurrents | Ce qui frustre réellement leurs clients, en leurs mots | Aucun concurrent n'a d'avis : personne ne cherche ce produit en ligne |
| Offres d'emploi de vos concurrents | S'ils grandissent et dans quelle fonction | Aucune offre depuis deux ans dans tout le secteur |
| Groupes locaux dans les réseaux sociaux | Les questions posées avant l'achat, gratuitement | Le sujet n'y apparaît jamais |
Une demande qui n'existe pas dans les volumes de recherche peut exister quand même : certains produits se vendent par appel d'offres, par référence ou par démarchage. Mais si vous comptiez sur le web pour vendre, un volume nul est une réponse en soi.
Étape 3. Analyser la demande
Vous cherchez trois choses : qui achète, ce qu'ils font aujourd'hui à défaut de votre offre et combien ils paient pour ce substitut. La troisième est la plus importante et la moins souvent posée.
Combien de personnes interroger avant que ça compte
Pour des entrevues qualitatives auprès d'une clientèle homogène, la saturation arrive autour de douze entrevues : à partir de là, vous entendez les mêmes réponses. C'est un seuil documenté dans la littérature méthodologique et il vaut pour la majorité des projets de PME. Si votre clientèle se divise en groupes vraiment différents, comptez douze entrevues par groupe et non douze au total.
| Méthode | Combien de personnes | Marge d'erreur | Ce que ça coûte |
|---|---|---|---|
| Entrevues qualitatives | 12 par segment | Sans objet, ce n'est pas une mesure | Votre temps, environ 45 minutes chacune |
| Groupe de discussion | 5 à 10 par groupe, 2 à 3 groupes | Sans objet | 3 000 à 6 000 $ par groupe si recruté par une firme |
| Sondage, précision approximative | 100 répondants | Environ ± 10 points | Faisable seul avec un formulaire gratuit |
| Sondage, précision usuelle | 400 répondants | Environ ± 5 points | Panel payant à partir de 4 000 $ |
| Sondage, précision fine | 1 000 répondants | Environ ± 3 points | Panel payant à partir de 10 000 $ |
Sur les taux de réponse, soyez réaliste. Un courriel envoyé à une liste froide obtient de 2 à 5 % de réponses. La même demande envoyée à vos propres clients obtient de 10 à 25 %. Pour obtenir 400 répondants à froid, il faut donc écrire à plus de dix mille personnes, ce qui explique le prix d'un panel.
Un script d'entrevue de 12 questions, prêt à copier
Les huit premières minutes portent sur ce que la personne fait aujourd'hui, jamais sur ce qu'elle ferait. Ne présentez votre offre qu'à la question 9, sinon tout ce qui précède est contaminé par la politesse.
Racontez-moi la dernière fois que vous avez eu ce problème
Question ouverte, sans mention de votre produit. Laissez parler.
Qu'est-ce que vous avez fait à ce moment-là ?
Vous cherchez le substitut réel, qui est souvent « rien » ou « on s'est débrouillés ».
Combien de fois par année ça vous arrive ?
La fréquence détermine si vous vendez un abonnement ou une transaction.
Combien ça vous a coûté, en argent et en temps ?
Le chiffre qu'elle donne ici est le plafond de votre prix.
Qui a pris la décision et qui d'autre a eu son mot à dire ?
En B2B, cette question sauve des mois de démarchage mal adressé.
Comment avez-vous trouvé le fournisseur ?
Vous cherchez le canal réel : recherche en ligne, référence, appel d'offres, publicité.
Qu'est-ce qui vous a fait choisir celui-là plutôt qu'un autre ?
Le vrai critère de décision, qui est rarement le prix.
Qu'est-ce qui vous a le plus déçu ?
C'est ici que se trouve votre position dans le marché.
Si quelqu'un offrait ceci, qu'est-ce que vous vous demanderiez avant d'acheter ?
Première mention de votre offre. Formulée en objections, pas en intérêt.
À quel prix trouveriez-vous ça trop cher ? Et à quel prix trouveriez-vous ça louche ?
Deux bornes valent mieux qu'une question sur le prix acceptable, à laquelle tout le monde répond « pas cher ».
Qu'est-ce qui vous empêcherait de changer de fournisseur ?
Le coût de changement est ce qui protège vos concurrents et vous protégera plus tard.
Qui d'autre devrais-je interroger ?
La question qui remplit votre calendrier d'entrevues. Ne la sautez jamais.
Ce que les gens disent contre ce qu'ils achètent
Une intention déclarée n'est pas une vente. Les gens disent oui par politesse, surestiment leur budget et sous-estiment leur inertie. Trois façons de tester la vraie demande avant d'investir : demander un dépôt remboursable, faire signer une lettre d'intention, ou vendre le produit avant de l'avoir. Une personne qui sort sa carte est une donnée ; une personne qui dit « bonne idée » n'en est pas une.
Le test le plus rapide et le moins cher est une page unique décrivant l'offre, avec un formulaire, poussée par 300 à 500 $ de publicité ciblée sur deux semaines. Vous obtenez un coût par demande réel, sur de vraies personnes, dans votre territoire. Ce chiffre-là vaut plus que trente entrevues, parce qu'il mesure un geste au lieu d'une opinion. Et il vous donne au passage le coût d'acquisition à mettre dans vos projections.
Étape 4. Analyser l'offre
Recenser vos concurrents prend deux heures et se fait presque entièrement en ligne. Ce qui prend du temps, c'est de comprendre ce qu'ils font mal, parce que c'est là que vous entrerez.
Recenser les concurrents réels
Trois catégories et on les oublie rarement dans le même ordre. Les concurrents directs, qui vendent la même chose. Les concurrents indirects, qui règlent le même problème autrement. Et le substitut le plus fréquent de tous : ne rien faire, ou le faire soi-même. Ce dernier emporte souvent plus de parts de marché que tous les autres réunis et il n'apparaît sur aucune liste de concurrents.
Pour chacun, notez cinq choses : son année d'immatriculation au Registraire, son nombre d'employés déclaré, son prix affiché ou obtenu par soumission, sa note moyenne sur Google et ce que ses trois avis les plus négatifs reprochent.
Lire leurs avis Google comme une source de données
Les avis d'un concurrent sont un groupe de discussion gratuit qu'il a payé pour vous. Lisez les avis de trois étoiles avant ceux d'une étoile : les avis d'une étoile parlent souvent d'un incident isolé, alors que les avis de trois étoiles décrivent une déception structurelle, celle que vous pouvez corriger dans votre propre offre.
Notez les mots exacts que les gens emploient. Ce sont ceux qu'ils taperont dans Google et ceux que votre site devra reprendre.
Ce que leurs offres d'emploi vous apprennent
Une entreprise qui embauche trois représentants prépare une expansion. Une entreprise qui embauche un directeur de la logistique change d'échelle. Une entreprise qui n'a affiché aucun poste depuis deux ans, dans un secteur où les autres embauchent, est probablement en difficulté ou à vendre. Les offres d'emploi sont un indicateur avancé et public et personne ne les regarde.
Étape 5. Analyser l'environnement et conclure
Quatre facteurs à vérifier et un seul suffit à tuer un projet : la réglementation applicable, les barrières à l'entrée, la dépendance à un fournisseur ou à un client unique et la sensibilité au cycle économique. Prenez une heure par facteur, pas plus.
Au Québec, deux vérifications reviennent presque toujours : le permis ou la certification exigés par votre secteur et les obligations linguistiques et de protection des renseignements personnels si vous vendez en ligne. Les deux se règlent, mais elles ont un coût qu'il faut chiffrer avant, pas après.
La conclusion tient en une page et contient quatre nombres : le revenu potentiel à trois ans, l'investissement nécessaire pour l'atteindre, le coût d'acquisition d'un client et le délai avant le seuil de rentabilité. Si un de ces quatre nombres n'est qu'une intuition, l'étude n'est pas finie.
Ce que votre conclusion doit contenir
Une étude qui ne se termine pas par ces quatre nombres se termine par une opinion et une opinion ne se finance pas. Les questions à vous poser avant de dire que le travail est terminé :
- Le revenu potentiel à trois ans et le calcul qui y mène, ligne par ligne ?
- L'investissement nécessaire, y compris les mois sans revenu ?
- Le coût d'acquisition d'un client, mesuré et non estimé ?
- Le délai avant le seuil de rentabilité, en mois ?
- Le seuil sous lequel vous abandonnez, écrit avant d'avoir les résultats ?
Les six erreurs qui invalident une étude de marché
Interroger ses proches
Ils veulent votre bien, donc ils vous mentent. Aucune entrevue avec quelqu'un qui vous connaît ne compte dans les douze.
Poser des questions sur l'avenir
« Achèteriez-vous ceci ? » ne mesure rien. « Qu'avez-vous acheté la dernière fois ? » mesure un comportement.
Confondre le marché total et le marché atteignable
Le marché canadien de votre secteur ne vous concerne pas si vous servez trois MRC. C'est l'erreur qui gonfle les plans d'affaires et qui fait sourire les prêteurs.
Oublier le substitut « ne rien faire »
Votre concurrent principal est souvent l'inaction du client et elle est gratuite.
Recopier des données périmées
Vérifiez la date de chaque chiffre. Un rapport sectoriel de 2019 décrit un monde qui n'existe plus.
Écrire l'étude après avoir pris la décision
C'est la plus fréquente et la seule qui rend toutes les autres sans importance.
Comment savoir que la réponse est non
Écrivez vos seuils d'abandon avant de collecter quoi que ce soit et datez la page. C'est la seule protection contre l'envie de réinterpréter les résultats une fois qu'ils sont là. Une étude qui ne peut pas conclure « non » n'est pas une étude, c'est une justification.
Cinq seuils à écrire d'avance
Un « non » obtenu pour 40 heures de travail est le meilleur rendement de toute l'opération. Il coûte une semaine et il évite parfois deux ans.
Le gabarit, rempli avec un exemple complet
Nous avons mis le gabarit en ligne, en une page qui suit exactement les cinq étapes ci-dessus. Chaque section porte les questions à remplir, les sources à ouvrir et l'exemple chiffré du service d'entretien ménager des Laurentides, pour que vous voyiez à quoi ressemble une case remplie.
La page s'imprime ou s'enregistre en PDF depuis votre navigateur, avec la commande d'impression. Il n'y a rien à télécharger, rien à donner et aucun formulaire à remplir.
Ouvrir le gabarit d'étude de marché, en une page, avec l'exemple chiffré au complet.
Ouvrir un nouveau marché est au cœur de l'objectif Développer un nouveau marché, qui part exactement de ce travail-là.
Si votre étude conclut oui et que vous voulez un avis extérieur sur la stratégie d'entrée avant d'engager le budget, la consultation de 90 minutes est faite pour ça et vous repartez avec une synthèse écrite.
Questions fréquentes
Combien coûte une étude de marché au Québec ?
De 0 à 500 $ en la menant vous-même, en y consacrant de 20 à 40 heures. De 2 500 à 8 000 $ chez un consultant indépendant. De 10 000 à 40 000 $ chez une firme de recherche, où l'essentiel du prix couvre le recrutement et la rémunération des répondants.
Combien de personnes faut-il interroger ?
Douze entrevues qualitatives par segment de clientèle suffisent dans la plupart des marchés de PME : la saturation, le moment où vous n'entendez plus rien de neuf, arrive autour de ce nombre. Pour un sondage chiffré, comptez 400 répondants pour une marge d'erreur d'environ 5 points et 100 pour un ordre de grandeur approximatif.
Combien de temps ça prend ?
De trois à six semaines en la menant vous-même à raison de quelques heures par semaine. De deux à quatre semaines chez un consultant. De six à dix semaines chez une firme, dont environ trois pour le seul recrutement des répondants.
Peut-on faire une étude de marché sans budget ?
Oui et c'est le cas le plus fréquent. Statistique Canada, l'Institut de la statistique du Québec, le Registraire des entreprises et Google Trends sont gratuits. Une carte de BAnQ, gratuite pour tout résident du Québec, ouvre en plus des bases de données commerciales payantes. Le seul poste qui coûte vraiment est la collecte auprès d'un panel et vous pouvez la remplacer par douze entrevues que vous menez vous-même.
Quelle différence entre étude de marché et plan d'affaires ?
L'étude de marché vérifie que quelqu'un veut acheter. Le plan d'affaires explique comment vous allez le lui vendre et avec quel argent. L'étude vient toujours avant et elle alimente les projections de revenus du plan. Un plan d'affaires dont les revenus ne sont pas adossés à une étude est une suite d'hypothèses.
- Statistique Canada, Profil du recensement, Registre des entreprises et tableaux sur la dynamique des entreprises, consulté en août 2026.
- Institut de la statistique du Québec, données régionales et enquêtes sectorielles, consulté en août 2026.
- Registraire des entreprises du Québec, registre des entreprises, consulté en août 2026.
- Bibliothèque et Archives nationales du Québec, bases de données accessibles avec une carte d'abonné, consulté en août 2026.
- Données Québec, données ouvertes du gouvernement et des municipalités, consulté en août 2026.
- Seuil de saturation à douze entrevues : Guest, Bunce et Johnson, « How Many Interviews Are Enough ? », Field Methods, 2006.
- Fourchettes de prix des fournisseurs québécois et durées de projet : relevé Falia, août 2026.

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