Conception de site web

Reconnaître un site fait avec l'IA : les tics de Claude Code et de ChatGPT Codex

Geneviève Cyr
Geneviève Cyr

Associée · Développement web, SEO et GEO

22 octobre 202620 min de lectureRead in English →

Geneviève Cyr

Perspectives · Conception de site web

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Un site fait avec l'IA se reconnaît d'abord à ses choix par défaut : ceux que l'outil fait quand personne ne lui a dit quoi faire. En 2025, c'était un dégradé violet sur fond blanc, la police Inter et trois cartes arrondies sous un titre centré. En 2026, Anthropic signale elle-même de nouveaux regroupements : grand titre à empattements et accent terracotta, ou petits surtitres en majuscules au-dessus de chaque titre. ChatGPT Codex, de son côté, est surtout associé aux cartes, aux pastilles et aux effets de verre. Ces indices suggèrent l'usage d'une IA, mais ils ne prouvent rien. La seule preuve fiable se trouve dans l'historique du code, où Claude Code et ChatGPT Codex signent leurs modifications par défaut. Pour une entreprise, l'enjeu n'est pas de cacher l'IA : c'est que chaque choix visible de son site soit une décision. Le plus sûr est de confier le design à un humain : l'IA construit alors ce qu'une personne a décidé.

Ce qu'il faut retenir
  • Une IA de programmation tend vers les choix les plus fréquents de ses données d'entraînement : Anthropic et OpenAI le reconnaissent toutes les deux dans leurs propres guides.
  • Les tics changent vite. Les consignes de design qu'Anthropic fournit à Claude ont été réécrites trois fois entre novembre 2025 et septembre 2026 pour suivre les nouveaux défauts.
  • Dans le code, Anthropic documente chez Claude une tendance à en faire trop. OpenAI demande à ChatGPT Codex de ne pas cacher les erreurs derrière des solutions de repli.
  • La preuve la plus fiable de l'outil utilisé est la signature laissée dans l'historique des modifications, pas le style du site.
  • Un trait de la liste n'est pas un défaut quand il vient de votre guide de marque. Il le devient quand personne ne l'a choisi.
Sur cette page
Définition

Design par défaut

Le design par défaut d'une IA est l'ensemble des choix visuels qu'elle fait quand la consigne ne précise rien : la police, les couleurs, la forme des boutons, l'ordre des sections, les animations. Ces choix ne sont pas faits au hasard. Ils reprennent ce qui revient le plus souvent dans les millions de pages et de lignes de code que l'IA a lues pendant son entraînement. C'est pour cette raison que deux sites construits avec le même outil, sans direction précise, peuvent se ressembler au point d'être reconnus d'un coup d'œil.

22 %des 1 590 pages de projets analysées présentaient au moins quatre motifs typiques du design généré par l'IAAdrian Krebs, avril 2026
3 versionsdes consignes de design d'Anthropic pour Claude en dix mois, chacune pour contrer de nouveaux défautsDépôt anthropics/skills, 2025 et 2026
95,40 %de précision pour reconnaître lequel de cinq modèles d'IA a écrit un programme, en laboratoireBisztray et collab., juin 2025

Pourquoi les sites faits avec l'IA se ressemblent

Claude Code (l'outil de programmation d'Anthropic) et ChatGPT Codex (l'agent de programmation d'OpenAI) écrivent le code d'un site à partir d'une consigne en langage courant. Notre article sur ce que l'IA change à la création de site web décrit ce qu'ils font et ce qu'ils changent pour l'entreprise. Celui-ci s'intéresse à une conséquence plus visible : laissés à eux-mêmes, ils dessinent souvent le même site.

Les deux éditeurs le reconnaissent. En novembre 2025, l'équipe d'Anthropic qui conseille les entreprises a publié un article sur le design des interfaces produites par Claude. Elle y explique que les choix prudents (ceux qui fonctionnent partout et ne déplaisent à personne) dominent les pages web qui servent à entraîner les modèles. Sans consigne, une page d'accueil générée par Claude prenait donc presque toujours la police Inter, un dégradé violet sur fond blanc et des animations minimales. Anthropic nomme ce phénomène la « convergence distributionnelle » : le modèle revient au centre de ce qu'il a vu le plus souvent.

OpenAI dit la même chose dans son guide de design publié en mars 2026 pour GPT-5.4 : quand la consigne manque de précision, les modèles se replient sur les motifs les plus fréquents de leurs données d'entraînement. Le même guide interdit les polices par défaut (Inter, Roboto, Arial), le violet sur blanc et les cartes utilisées sans raison.

Il y a une ironie dans cette histoire. En août 2025, le guide officiel d'OpenAI pour programmer avec GPT-5 recommandait lui-même une pile précise pour les nouvelles applications web : Next.js, Tailwind CSS, la bibliothèque de composants shadcn/ui, les icônes Lucide et des polices comme Inter, Geist ou IBM Plex Sans. Des millions de projets ont suivi ces recommandations, qui sont devenues à leur tour des défauts. Le même mois, Adam Wathan, le créateur de Tailwind CSS, s'est excusé en riant sur X : en donnant la couleur indigo à tous les boutons de Tailwind UI cinq ans plus tôt, il aurait rendu indigo toutes les interfaces générées par l'IA. La boutade n'est pas une étude, mais elle résume bien le mécanisme.

Attention

Un tic n'est pas une erreur technique. Un site au design par défaut peut être rapide, accessible et bien référencé. Le problème est ailleurs : il pourrait ressembler à ceux de vos concurrents qui utilisent le même outil.

Les premiers tics : violet, Inter et trois cartes

La première génération de tics, celle de 2024 et de 2025, est la mieux documentée. On la retrouve dans les consignes d'Anthropic, dans le guide d'OpenAI et dans les listes publiées par des designers. Elle se reconnaît à quelques traits :

  • Un dégradé violet ou indigo, souvent sur fond blanc, parfois en texte dégradé dans le titre.
  • La police Inter partout, ou une autre police neutre comme Roboto ou Arial.
  • Un grand titre centré avec deux boutons dessous, puis une rangée de logos de clients.
  • Trois cartes identiques avec une icône en haut, un titre court et deux lignes de texte.
  • Des émojis à la place des icônes, dans la navigation ou devant chaque point d'une liste.
  • Des effets de lueur sur fond sombre et des cartes imbriquées dans d'autres cartes.

Ces traits ont été mesurés. En avril 2026, le développeur Adrian Krebs a analysé 1 590 pages de projets présentés sur Hacker News, un forum très fréquenté par les programmeurs. Son programme vérifiait la présence d'une quinzaine de motifs : la police Inter dans un titre centré, le violet, l'étiquette posée au-dessus du titre principal, les cartes à bordure colorée sur un côté, les étapes numérotées, les rangées de statistiques, le verre dépoli. Résultat : 22 % des pages en présentaient au moins quatre, 32 % en présentaient deux ou trois et 46 % au plus un. L'auteur estime le taux de faux positifs entre 5 et 10 %.

Le public le remarque aussi. Une analyse de 3,2 millions de publications Reddit, publiée en 2026 par un développeur, relève que les remarques du genre « ils se ressemblent tous » ou « ça crie l'IA » apparaissent chacune dans environ 13 % des discussions sur le sujet. C'est une mesure de perception, pas de sites, mais elle montre que vos visiteurs pourraient faire le rapprochement.

Les tics de design associés à Claude Code en 2026

Le violet a reculé à mesure que les éditeurs l'ont interdit. D'autres défauts ont pris sa place. La meilleure source sur ce point est Anthropic elle-même : sa compétence de design (un fichier de consignes que Claude Code charge quand il dessine une interface) a été publiée le 12 novembre 2025, réécrite le 9 juin 2026 puis encore le 3 septembre 2026. Chaque version nomme les défauts du moment pour aider Claude à les éviter.

Dans sa version de septembre 2026, Anthropic écrit que le design généré par l'IA se regroupe autour de cinq familles :

01

Le titre à empattements et la terracotta

Un grand titre dans une police à empattements très contrastée et un accent terracotta. Anthropic précise que cette terracotta est souvent proche de la couleur qu'elle utilise elle-même pour Claude : sur le site d'un client, elle trahit l'outil. Des développeurs l'appellent déjà « le look Claude » sur GitHub et sur Hacker News.

02

Le presque noir et l'accent acide

Un fond presque noir avec un seul accent très vif, vert acide ou vermillon.

03

La mise en page de journal

Des filets très fins, des coins parfaitement carrés et des colonnes denses qui imitent un quotidien.

04

La trousse de cartes

Le contenu découpé en cartes arrondies identiques, le même arrondi partout, la même ombre grise sous chaque carte et des dégradés en décoration.

05

Les accessoires de gabarit

Un petit surtitre en majuscules espacées au-dessus de chaque titre, des informations séparées par des points médians, un noir légèrement teinté à la place du noir, une police à chasse fixe (celle des machines à écrire et du code) pour les petites étiquettes et une flèche ajoutée au texte des liens et des boutons.

Le même document relève d'autres habitudes : un seul mot mis en valeur dans le titre (en italique ou en couleur), les marqueurs 01, 02, 03 posés sur un contenu qui n'est pas une suite d'étapes, le gros chiffre accompagné d'une petite étiquette en ouverture de page et l'apparition en fondu de chaque section au défilement. Anthropic écrit que ces animations, comme l'effet de survol sur chaque carte, se lisent comme générées par l'IA.

Ces familles ne visent pas Claude seul : Anthropic parle du design généré par l'IA en général. Mais ses consignes servent à corriger Claude. La première famille porte la couleur de sa propre marque. Sur Hacker News, un développeur résumait en juillet 2026 ce que plusieurs remarquaient : les accents orangés et les polices à empattements donnent désormais l'impression d'un site fait par l'IA. En avril 2026, d'autres notaient que Claude était passé du violet à des designs rétro inspirés des terminaux. Ce sont des observations d'utilisateurs, pas des mesures, mais elles vont dans le même sens que le document d'Anthropic.

Les tics de design associés à ChatGPT Codex

Pour ChatGPT Codex, la source la plus citée est Uncodixfy, un ensemble de règles publié sur GitHub en mars 2026 et suivi par des milliers de développeurs. Son auteur écrit qu'une interface faite par GPT se reconnaît immédiatement. Sa liste des tics de Codex :

  • des panneaux qui flottent sur le fond, avec des ombres marquées ;
  • des arrondis très prononcés et des pastilles partout ;
  • des effets de verre dépoli, de flou et de lueur ;
  • des grilles de cartes de statistiques, même sur une page qui n'en a pas besoin ;
  • de petits points de couleur devant les étiquettes, sans état réel derrière ;
  • des étiquettes en majuscules espacées, grises et discrètes ;
  • des boutons et des cartes qui se soulèvent au survol.

OpenAI confirme l'essentiel de ce portrait par ses propres interdictions. Son guide de mars 2026 demande de ne pas utiliser de cartes par défaut et proscrit les cartes dans la bannière d'ouverture, les rangées de statistiques, les nuages de logos, l'accumulation de pastilles et les tableaux de bord flottants. La compétence de design publiée pour Codex le même jour rejetait aussi la grille de cartes de logiciel en ligne comme première impression. OpenAI l'a retirée de son dépôt le 23 avril 2026.

Les tests comparatifs donnent une image plus nuancée. En octobre 2026, How-To Geek a confié la même consigne de page de portfolio aux deux outils. L'auteur du test a préféré le design de Claude Code, mais a jugé ses textes génériques. Dans le même test, Codex produisait un site d'entreprise générique, avec une carte de statistiques, mais de meilleurs textes. D'autres essais publiés en 2026 par XDA, designproject.io et Bito arrivent à des verdicts différents, avec des versions de modèles différentes. Un constat revient pourtant : quand la consigne précise presque toutes les décisions de design, les deux outils produisent des résultats très proches.

Claude Code et ChatGPT Codex côte à côte

Ce tableau résume ce que les éditeurs et les observateurs attribuaient à chaque outil en octobre 2026. Ce sont des tendances observées sans consigne de design, pas des règles.

Le traitClaude CodeChatGPT CodexQui le documente
Dégradé violet, police InterOui en 2025, en recul en 2026Oui en 2025, interdit par OpenAI en 2026Anthropic, OpenAI
Titre à empattements, accent terracottaAssocié à ClaudeRarement citéAnthropic, Hacker News
Surtitres en majuscules espacéesOuiOuiAnthropic, Uncodixfy
Police à chasse fixe pour les étiquettesOuiRarement citéAnthropic
Marqueurs 01, 02, 03OuiRarement citéAnthropic, Impeccable
Grilles de cartes, ombres, arrondisOuiOui, très souventAnthropic, OpenAI, Uncodixfy
Verre dépoli, lueurs, flouParfoisOuiUncodixfy
Pastilles et points de statutParfoisOuiOpenAI, Uncodixfy
Fondu à chaque sectionOuiParfoisAnthropic

La colonne qui compte le plus est la dernière. Quand un éditeur interdit un trait dans ses propres consignes, il reconnaît que son modèle le produisait. Les autres attributions reposent sur l'observation de développeurs et peuvent changer avec chaque nouvelle version.

Les tics dans le code

Vos visiteurs ne voient pas le code. Votre prochain fournisseur, lui, le lira. Les tics du code comptent donc pour l'entretien du site et pour le jour où quelqu'un d'autre devra le reprendre.

Ceux qu'Anthropic documente chez Claude

Le guide de rédaction des consignes d'Anthropic décrit sans détour une tendance à en faire trop. En octobre 2026, il indiquait que Claude Opus 4.5 et Opus 4.6 avaient tendance à suringénier : créer des fichiers supplémentaires, ajouter des couches d'abstraction inutiles ou prévoir une souplesse que personne n'avait demandée. L'exemple de consigne qu'il propose pour corriger le tir vise aussi les commentaires ajoutés à du code non modifié, la gestion d'erreurs pour des cas qui ne peuvent pas arriver et les fichiers temporaires laissés dans le projet.

Le même guide met en garde contre une habitude plus sérieuse : se concentrer sur la réussite des tests plutôt que sur une vraie solution. Anthropic l'avait décrite dès février 2025 dans la fiche technique de Claude 3.7 Sonnet. Dans des outils comme Claude Code, le modèle traitait parfois un cas à part pour renvoyer directement la valeur attendue par un test, ou modifiait le test lui-même. Il laissait souvent un commentaire qui l'annonçait. Anthropic attribuait ce comportement à son entraînement. En mai 2025, la fiche de Claude 4 mesurait une baisse moyenne de 67 % de ce comportement chez Opus 4 par rapport à Sonnet 3.7, sans le faire disparaître.

Deux tics plus anodins reviennent dans les demandes d'utilisateurs sur le dépôt public de Claude Code. Le premier : la formule « You're absolutely right! » (« Vous avez tout à fait raison ! »), servie à tout propos, qui a fait l'objet d'une demande de correction très commentée en juillet 2025. Le second : des émojis dans les titres de documentation, les messages de modification et même le code, parfois malgré une consigne qui les interdit.

Ceux qu'OpenAI documente chez ChatGPT Codex

OpenAI décrit ses modèles d'une autre manière : par les consignes qu'elle leur donne. La consigne système recommandée dans son guide de ChatGPT Codex, en octobre 2026, interdit d'envelopper le code dans de larges blocs qui attrapent toutes les erreurs et de masquer un échec derrière une valeur de repli qui a l'air d'un succès. Elle demande des commentaires rares et des caractères simples par défaut. Une consigne n'est pas un aveu, mais on n'interdit pas ce que le modèle ne fait jamais.

Le guide de GPT-5, en août 2025, rapportait aussi l'expérience de l'éditeur de code Cursor : GPT-5 écrivait de longs comptes rendus de son travail, alors que son code était parfois difficile à lire à cause de sa concision, avec beaucoup de noms de variables d'une seule lettre. L'exemple de consigne d'OpenAI lui demandait de retirer les commentaires qu'il avait ajoutés.

Dans le codeClaude CodeChatGPT Codex
Tendance documentéeEn faire trop : fichiers, abstractions, options non demandéesSe protéger trop : larges filets d'erreurs, valeurs de repli
CommentairesNombreux, parfois sur du code qu'il n'a pas touchéRares par consigne, parfois du code trop concis
TestsRisque de contourner un test plutôt que de corrigerExécute les tests jusqu'à ce qu'ils passent, selon OpenAI
SourceGuide des consignes et fiches techniques d'AnthropicGuides de ChatGPT Codex et de GPT-5 d'OpenAI

Pour une entreprise, le tic qui compte le plus est celui des tests. Un code qui contourne un test donne l'impression que tout fonctionne. C'est pour cela qu'une personne doit relire chaque modification et que les contrôles automatiques d'un site ne suffisent pas seuls.

La signature dans l'historique du code

Le style d'un site ne prouve rien. Son historique, lui, contient souvent une signature. Le versionnage garde chaque modification avec sa date, sa description et ses auteurs. Les deux outils y laissent une trace par défaut.

La traceClaude CodeChatGPT Codex
Mention de coauteur au bas de chaque modification« Co-Authored-By », suivi du nom du modèle et d'une adresse @anthropic.com« Co-authored-by: Codex », avec une adresse @openai.com, selon un réglage de l'utilisateur
Mention dans la demande de fusion (pull request)« Generated with Claude Code », précédé d'un robot« Generated with Codex »
Fichier de consignes à la racine du projetCLAUDE.mdAGENTS.md
Nom des branches de travailSouvent « claude/… »Souvent « codex/… »
Peut-on l'effacer ?Oui, par un réglageOui, par un réglage

Un détail suffit souvent à départager les deux : Claude Code écrit « Co-Authored-By » avec des majuscules, alors que le code de Codex écrit « Co-authored-by » en minuscules. La documentation de Claude Code précise que la mention porte le nom du modèle utilisé. Le code source de Codex, publié sur GitHub, contient la consigne qui demande au modèle d'ajouter sa mention à chaque modification.

Le fichier de consignes est un autre indice, de moins en moins net. AGENTS.md est un format ouvert lancé par OpenAI et confié à la Linux Foundation en décembre 2025. La fondation disait alors qu'il était adopté par plus de 60 000 projets libres. Il est lu par Codex, mais aussi par Cursor, Gemini CLI, GitHub Copilot et plusieurs autres agents. Claude Code le lit aussi quand un projet n'a pas de CLAUDE.md. Un AGENTS.md seul ne désigne donc pas Codex avec certitude, alors qu'un CLAUDE.md désigne presque toujours Claude Code.

Ces fichiers et ces mentions ne se voient pas sur le site publié : ils restent dans le dépôt du code. Si votre code vous appartient, vous pouvez le consulter. Sinon, la question se pose directement à votre fournisseur. C'est aussi pourquoi le dépôt du code devrait être à votre nom.

Les tics dans les textes du site

Les textes d'un site écrit avec l'IA ont leurs propres tics. Ils se voient plus vite que le design. Les bénévoles de Wikipédia en anglais tiennent la liste la plus complète, mise à jour au fil des modèles. On y trouve notamment :

  • Le tiret cadratin. En octobre 2026, Wikipédia l'avait rangé parmi les indices historiques, valables de 2022 à septembre 2026, parce que les modèles récents apprennent à l'éviter. La page cite une analyse de The Economist de juillet 2026 : parmi les modèles récents, seul Claude employait plus de tirets cadratins que les rédacteurs professionnels.
  • Le parallélisme négatif. « Ce n'est pas un outil, c'est une stratégie. » La construction revient dans tous les textes générés.
  • La règle de trois. Trois adjectifs, trois avantages, trois exemples, même quand il en faudrait deux ou quatre.
  • Des mots en surnombre. En anglais : delve, crucial, pivotal, robust, showcase, tapestry. Une étude publiée en juillet 2025 dans Science Advances a mesuré sur plus de 15 millions de résumés scientifiques qu'au moins 13,5 % de ceux de 2024 avaient été retouchés par un modèle de langage, à partir de ces mots en excès.

La page d'aide de Wikipédia en français ajoute des indices propres à notre langue : le tiret cadratin, le gras employé à répétition, les listes à puces partout, des majuscules en trop dans les titres, des titres de section en forme de question, une section finale « Conclusion » et un ton promotionnel. Elle signale aussi des traces techniques, comme un lien qui se termine par une mention de la source « chatgpt.com ».

Ces indices ont une limite : un rédacteur humain écrit lui aussi des tirets et des listes. Notre note sur le filigrane de Claude explique ce que les marques invisibles ajoutées aux textes générés permettent vraiment de conclure.

Peut-on savoir avec certitude quel outil a construit un site ?

Pas à partir du site seul. En laboratoire, des chercheurs y arrivent sur de courts programmes : en juin 2025, une équipe a reconnu lequel de cinq modèles avait écrit un programme en C avec 95,40 % de précision (97,56 % entre deux modèles d'OpenAI très proches). Une autre équipe a dépassé 95 % sur du JavaScript à l'intérieur de la famille GPT en octobre 2025. Ces résultats portent sur des modèles plus anciens et sur du code brut, pas sur un site complet retouché par une équipe.

Trois raisons rendent le diagnostic incertain sur un vrai site :

  • Les tics bougent tous les quelques mois. Le violet de 2025 a cédé la place aux titres à empattements de 2026. Chaque nouvelle version d'un modèle déplace ses défauts.
  • Les mêmes compétences de design circulent d'un outil à l'autre. Impeccable, un ensemble de consignes de design très suivi sur GitHub, fonctionne avec Claude Code comme avec Codex et Cursor.
  • Un humain retouche presque toujours. Une police changée ou une couleur imposée par un guide de marque suffit à brouiller les pistes.

Le diagnostic le plus sûr reste donc l'historique du code. Quand nous avons examiné en octobre 2026 un site québécois récent construit avec Next.js, nous y avons trouvé une police à empattements très prisée des sites générés, une trentaine de surtitres en majuscules espacées et des sections numérotées. Ces indices orientaient vers Claude. Ils ne prouvaient rien.

Ce que ces tics peuvent coûter à votre marque

Un site au design par défaut peut fonctionner très bien. Le risque est commercial, pas technique.

  • Votre site pourrait ressembler à celui de vos concurrents. Si trois entreprises de votre secteur utilisent le même outil sans direction, leurs sites peuvent partager la même palette, les mêmes cartes et la même mise en page. Le visiteur qui compare ne retient alors que le prix.
  • Le visiteur peut conclure à un travail vite fait. Les remarques « ça crie l'IA » relevées sur Reddit montrent qu'une partie du public fait le lien. Pour une entreprise qui vend son expertise, cette impression peut coûter une demande de soumission.
  • Votre marque se dilue. Une couleur ou une police choisie par l'outil remplace celle que votre guide de marque prévoyait. Au fil des modifications, le site s'éloigne de vos autres supports.
  • Le code pourrait coûter plus cher à entretenir. Un code qui en fait trop ou qui cache ses erreurs demande plus de temps au prochain qui le reprend.

Les choix de design font d'ailleurs partie des décisions qui restent humaines. L'IA peut produire dix variantes d'une page d'accueil en quelques minutes. Le choix entre elles dit à vos clients qui vous êtes.

Les tics que nous avons corrigés sur notre site

Falia.co a été construit avec Claude Code sur le framework Astro. Certains tics de l'IA s'y sont glissés au fil des modifications. Nous les avons corrigés :

  • Le tiret cadratin. En août 2026, nous en avons retiré 208 des textes visibles du site. Les 345 000 mots de notre ancien site n'en contenaient aucun : ils venaient tous de l'IA. Nos règles d'écriture les interdisent depuis. Plusieurs contrôles automatiques les cherchent avant chaque mise en ligne.
  • Les pastilles. Le 21 septembre 2026, nous les avons retirées : il y en avait beaucoup et elles faisaient penser à l'IA. Toutes nos étiquettes ont pris la forme de nos boutons, avec des coins de 6 pixels. Un contrôle bloque désormais la mise en ligne si une pastille revient : la veille encore, l'IA en avait ajouté une rangée neuve.
  • La virgule devant « et ». C'est la virgule d'énumération de l'anglais. La consigne écrite n'a pas tenu une journée. Un contrôle la bloque depuis le 8 septembre 2026.
  • Les calques de l'anglais. Des tournures traduites mot à mot de l'anglais sont bloquées par un contrôle depuis le 27 septembre 2026.

La leçon tient en une phrase : une consigne écrite ne suffit pas à retenir un tic. Il faut un contrôle automatique qui bloque la mise en ligne. Et nos modifications portent bien la mention « Co-Authored-By » de Claude : nous ne cachons pas l'outil, nous décidons de ce qu'il produit.

Éviter les tics : sept décisions

Que votre site soit construit par une agence, un pigiste ou votre équipe, ces sept décisions réduisent le design par défaut. Elles demandent peu de technique et beaucoup de clarté.

01

Confier le design à un humain

Un designer peut concevoir l'allure du site (couleurs, polices, mise en page) avant que l'IA ne le construise. L'outil reproduit alors des maquettes décidées par une personne au lieu d'inventer les siennes. C'est la façon la plus sûre de ne pas hériter de ses tics malgré vous : l'IA construit vite, l'humain décide de l'allure.

02

Donner un guide de marque à l'IA

Un guide de marque qui nomme vos couleurs, vos polices, vos formes et vos interdits est la meilleure protection. Les tests comparatifs le montrent : plus la consigne précise les décisions de design, moins l'outil a de place pour ses défauts.

03

Écrire les règles dans le fichier de consignes du projet

CLAUDE.md ou AGENTS.md accompagne le code et se relit à chaque séance de travail. Une consigne écrite là vaut pour toutes les modifications, pas seulement pour la conversation du jour.

04

Charger une compétence de design

Anthropic publie une compétence de design gratuite pour Claude Code. Des ensembles comme Impeccable fonctionnent avec plusieurs outils. Ils donnent à l'IA la liste des défauts du moment. Ils ne remplacent pas votre identité : ils empêchent seulement les choix les plus prévisibles.

05

Transformer les tics récurrents en contrôles

Quand un même tic revient deux fois, il mérite un contrôle qui bloque la mise en ligne. C'est ce que nous avons fait pour les pastilles, la virgule devant « et » et les calques.

06

Faire relire par une personne qui connaît la marque

L'IA ne sait pas qu'un trait est un tic tant que personne ne le lui a dit. La relecture humaine repère ce qu'aucun contrôle ne prévoit encore.

07

Comparer avec les sites de vos concurrents

Avant la mise en ligne, regardez votre site à côté de ceux de vos trois principaux concurrents, sur téléphone comme sur ordinateur. Si on ne distingue plus les marques, le design n'a pas encore été décidé.

Le site de Falia et ceux de nos clients suivent cette méthode : l'IA exécute, un senior signe. Notre article pilier sur l'IA et la création de site web décrit la démarche complète.

Ce que ça change pour vous

Cinq questions à poser sur votre site

  • Les couleurs, les polices et les formes de notre site viennent-elles d'un designer et de notre guide de marque, ou de l'outil ?
  • Notre site se distingue-t-il de ceux de nos trois principaux concurrents ?
  • Le projet a-t-il un fichier de consignes qui reprend nos règles de marque et d'écriture ?
  • Quels tics récurrents sont bloqués par un contrôle avant la mise en ligne ?
  • Le dépôt du code est-il à notre nom, avec tout son historique ?

L'IA a des tics. Votre site, lui, doit avoir une marque.

Un site construit avec l'IA à partir de votre guide de marque, des contrôles qui bloquent les tics avant la mise en ligne et une approbation humaine avant chaque publication : c'est notre offre de site web géré avec l'IA.

Vous préférez un projet de site complet, du design à la mise en ligne ? Notre service de création de site web part de votre marque, pas d'un gabarit.

Questions fréquentes sur les sites faits avec l'IA

Comment savoir si un site a été fait avec l'IA ?

Le design donne des indices : dégradé violet et police Inter en 2025, titres à empattements et surtitres en majuscules en 2026, cartes et pastilles partout. Ces indices ne prouvent rien. La preuve se trouve dans l'historique du code, où Claude Code et ChatGPT Codex ajoutent leur signature par défaut.

Est-ce grave que mon site ait l'air fait par l'IA ?

Pas sur le plan technique : un site au design par défaut peut être rapide et bien référencé. Le risque est commercial. Votre site pourrait ressembler à ceux de vos concurrents. Une partie des visiteurs associe aussi ce look à un travail vite fait.

Comment savoir si mon fournisseur utilise Claude Code ou ChatGPT Codex ?

Demandez-le-lui, puis consultez le dépôt du code si vous y avez accès. Claude Code signe ses modifications « Co-Authored-By » avec une adresse @anthropic.com, alors que Codex écrit « Co-authored-by: Codex » avec une adresse @openai.com. Un fichier CLAUDE.md à la racine du projet désigne presque toujours Claude Code.

Google pénalise-t-il un site construit avec l'IA ?

Google évalue l'utilité et la qualité des pages, pas l'outil qui les a produites. Un site construit avec l'IA peut donc se classer comme un autre. Notre article sur le contenu généré par l'IA détaille la position de Google.

Peut-on empêcher l'IA de laisser ses tics sur un site ?

On peut les réduire beaucoup. Le plus sûr est de confier le design à un humain : l'IA construit alors des maquettes décidées par une personne. Un guide de marque précis, un fichier de consignes dans le projet, une compétence de design et des contrôles qui bloquent la mise en ligne laissent peu de place aux choix par défaut. Une relecture humaine repère le reste.

Le tiret cadratin prouve-t-il qu'un texte vient de l'IA ?

Non. Il a longtemps été un indice fréquent : Claude l'employait plus que les rédacteurs professionnels selon une analyse de The Economist de juillet 2026. Des humains l'emploient aussi. Les modèles récents, eux, apprennent à l'éviter.

Pourquoi tant de sites faits avec l'IA sont-ils violets ?

Parce que l'IA reprend les choix les plus fréquents de ses données d'entraînement. Le violet et l'indigo étaient très présents dans les gabarits populaires. Anthropic et OpenAI ont depuis demandé à leurs modèles de les éviter. D'autres défauts ont pris leur place.

Sources et références
  1. Anthropic, Improving frontend design through Skills, 12 novembre 2025.
  2. Anthropic, Prompting for frontend aesthetics, 21 octobre 2025.
  3. Anthropic, frontend-design, SKILL.md, versions du 12 novembre 2025, du 9 juin 2026 et du 3 septembre 2026, consulté en 2026.
  4. OpenAI, Designing delightful frontends with GPT-5.4, 20 mars 2026.
  5. OpenAI, GPT-5 prompting guide, août 2025, consulté en 2026.
  6. OpenAI, Codex Prompting Guide, consulté en 2026.
  7. Adam Wathan, publication sur X, 7 août 2025.
  8. Adrian Krebs, Scoring Show HN submissions for AI design patterns, 20 avril 2026.
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Geneviève Cyr
Geneviève CyrAssociée · Développement web, SEO et GEO

C'est Geneviève qui met en œuvre la stratégie de votre mandat. Elle prend en charge tous nos projets de développement web : Shopify, WordPress et les nouvelles façons de construire un site avec l'IA. Elle dirige notre équipe de développeurs et traduit vos besoins d'affaires en langage technique. Elle mène votre référencement (SEO), votre visibilité dans les réponses des IA (GEO) et la conversion de votre site (CRO). Son travail est au cœur des objectifs Attirer des clients avec le SEO et l'IA, Améliorer la conversion de votre site ainsi que Renforcer votre visibilité dans les réponses IA. Avec Gabriel, elle prépare aussi les pages de destination de vos campagnes publicitaires. Ses analyses portent surtout sur le SEO, la visibilité IA et la conception de site web.

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